Comme dans plusieurs régions du Québec, la région cherche à développer de nouveaux créneaux liés aux ressources naturelles dont la demande est en forte croissance : vents, produits agroforestiers, etc. Ces crénaux s’ajoutent aux créneaux traditionnels que sont la forêt, les mines et la pêche. De plus, la région est reconnue pour la beauté de ses paysages et de son circuit touristique. La mise en valeur intégrée de l’ensemble de ces richesses est à la base du développement socioéconomique de la région et contribue non seulement au maintien et à la création d’emplois, mais aussi à la qualité de vie des citoyens.
Plusieurs défis à relever
Située à l’extrémité est de la province, la région se trouve éloignée des grands centres urbains vers lesquels sa population émigre de plus en plus. Faisant face à l’exode de ses jeunes, la population régionale est moins scolarisée et vieillie plus rapidement que partout ailleurs au Québec. Cela réduit la participation active de l’individu à la vie sociale et, par conséquent, restreint le dynamisme qui favoriserait l’enrichissement collectif.
La région, marquée par diverses expériences d’aménagement du territoire, ne s’est dotée d’aucune capitale régionale. Les villes de la péninsule ne se sont pas développées au même rythme que d’autres villes du Québec. Dans ce contexte, Gaspé, bien que dotée de services et d’infrastructures de transport diversifiés n’a pu mettre à profit tout son potentiel de développement. La région fait également face aux difficultés inhérentes aux distances à l’intérieur même de ses limites. Des contraintes considérables en découlent sur le plan économique de même que sur le plan social, compliquant la définition d’une vision régionale.
Malgré l’éloignement des grands centres urbains, l’économie de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, comme celle des autres régions, est influencée par les marchés mondiaux. La mise en valeur traditionnelle des ressources fait face à des difficultés liées aux baisses d’approvisionnement, à la concurrence et à la mondialisation des marchés. Dans le cadre d’une action concertée de coopération régionale (ACCORD), la région et le gouvernement ont désigné des créneaux de développement auxquels le territoire public régional peut contribuer : la mise en valeur de l’énergie éolienne et le tourisme santé-nature. De plus, la région offre des possibilités de diversification grâce à la production de bleuets et de canneberges.
La diversification des activités pose un défi majeur : elle doit maintenir l’équilibre entre la mise en valeur du milieu naturel et sa préservation et favoriser la cohabitation des usages traditionnels et ceux émergents. La planification de l’implantation de l’industrie éolienne sur le territoire public en est un bel exemple et a fait ressortir la nécessité de favoriser l’essor de cette nouvelle industrie en intégrant les éoliennes dans le paysage, tout en ne nuisant pas à la viabilité de l’industrie touristique déjà bien implantée.
À l’égard de la participation du milieu municipal et des communautés autochtones à la gestion des ressources et du territoire, ceux-ci montrent un intérêt varié pour le territoire public. Bien que les MRC de la Gaspésie tiennent à se prononcer sur le développement de l’ensemble du territoire public, elles préfèrent se concentrer sur les parties habitées de leur territoire tandis que la municipalité des Îles-de-la-Madeleine s’est prononcée pour une délégation de la gestion du territoire public en sa faveur.. Par ailleurs, les communautés autochtones demandent de plus en plus à participer aux activités de développement pour bénéficier des retombées économiques liées à la mise en valeur des ressources.
Le découpage administratif entre le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie a créé une zone transitoire qui représente aussi un défi pour la gestion du territoire public gaspésien. En effet, on y trouve des partenaires, des associations ou des comités différents, ce qui nécessite la compilation et le regroupement de données d’inventaire compilées sur des bases territoriales différentes et provenant de sources variées. Les découpages administratifs des différents ministères ou organismes ne sont pas les mêmes, ce qui complique la prise en compte des réalités de cette partie du territoire. De plus, lorsque des projets structurants peuvent avoir cours sur des territoires chevauchant les deux régions administratives, des orientations et des choix régionaux de développement différents peuvent entraver leur réalisation. La concertation interrégionale est essentielle pour favoriser le développement économique et social des deux régions.
L’immensité du territoire public, la structure économique axée sur la mise en valeur de ses ressources naturelles, l’instauration de nouvelles activités, notamment celles basées sur la nature et le plein air, entraînent une diversité tant sur le plan de l’utilisation que sur celui de la clientèle. De plus, les caractéristiques du territoire public ont donné lieu à la création de plusieurs aires protégées.
Ainsi, le territoire public en Gaspésie fait l’objet de droits et de statuts d’utilisation de tout ordre. Ces derniers couvrent une superficie totale de 19 768 km2, auxquels s’ajoutent plus de 5 100 kilomètres de droits et de statuts linéaires. Cela correspond à une superficie de 1,2 fois celle du territoire public de la péninsule et de l’archipel, ce qui pose le défi de l’harmonisation des usages et de l’intégration des aires protégées. Pour leur part, la superficie des projets et les possibilités de développement totalise près de 21 000 km2, soit 1,3 fois la superficie terrestre du territoire public. La consolidation des activités traditionnelles, voire leur relance, et l’émergence de nouvelles industries nécessaires à la diversification économique de la région passent notamment par une mise en valeur judicieuse de ces possibilités.
Ce constat traduit non seulement le potentiel et les possibilités du territoire public à contribuer à l’économie régionale, mais aussi toute la complexité de la mise en valeur de ce territoire et de la gestion des droits. Par exemple, dans la partie centre nord de la péninsule, comprise entre Murdochville et le parc national de la Gaspésie, les possibilités relatives à l’éolien, au récréotourisme, à l’exploitation minière et à la conservation des habitats fauniques se chevauchent. De même, aux Îles, le milieu dunaire est recherché autant pour ses attraits liés au tourisme et à la récréation (sentiers, villégiature, etc.) que pour leur conservation et le maintien de la biodiversité. Ces portions de territoire constituent donc à la fois des possibilités de développement pour les intervenants économiques et des écosystèmes à préserver pour le bénéfice de la population. Dans une optique de développement durable, il importe de faire des choix stratégiques qui permettront :
- de soutenir le développement économique régional;
- de maintenir la viabilité écologique et la biodiversité sur le territoire public;
- de répondre aux préoccupations des communautés locales.
Les principaux intervenants, acteurs ou promoteurs du développement ont donc, tout en veillant à leurs intérêts respectifs, à partager une vision commune de l’aménagement et de la mise en valeur du territoire public. Dans ce contexte, l’harmonisation des usages représente le défi qui permettra à la population de retirer tous les bénéfices associés à la mise en valeur de cette richesse collective.
Voir également
Portrait territorial - Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (Format PDF, 10,7 Mo)
|