La forêt et ses défis
La forêt, variée et omniprésente, génère une activité économique importante, même si elle est soumise aux aléas de la conjoncture économique mondiale et aux fluctuations des marchés. L’industrie forestière doit composer avec les occupants et utilisateurs du territoire public, notamment les communautés autochtones et les amateurs de récréotourisme, ainsi qu’avec le fait que de vastes territoires sont destinés à devenir des aires protégées. Les industriels forestiers doivent donc considérer ces paramètres dans la réalisation de leurs activités.
En matière de mise en valeur de la forêt, la région mise sur le développement de nouveaux créneaux tels que les systèmes de construction en bois, un créneau d’excellence où la région est à l’avant-garde, pour consolider le secteur forestier. Cependant, la capacité de transformation des usines étant supérieure aux approvisionnements, les possibilités d’expansion de la première transformation forestière sont limitées.
Les mines : un nouvel envol
Le sous-sol de la région, riche en minéraux, fait de l’Abitibi-Témiscamingue l’une des plus importantes régions minières du Québec. En 2003, elle produisait près des trois quarts de la production d’or et près des deux tiers de la production de cuivre (69 % et 64 % respectivement)1 provinciale. Le potentiel minier le plus considérable de la région se trouve le long de la faille Cadillac, dans l’axe est-ouest qui relie Rouyn-Noranda et Val-d’Or. Un autre secteur à fort potentiel se trouve plus au nord, dans l’axe est-ouest reliant La Sarre, Amos et Senneterre. Les activités de prospection dans ce dernier secteur sont toutefois moins importantes que le long de la faille Cadillac.
La hausse du prix des métaux a entraîné une recrudescence des activités minières en région, générant des retombées économiques majeures tout en ayant des répercussions sur la gestion du territoire public. Même si les activités minières entraînent des défis de cohabitation importants, les nouvelles règles et méthodes encadrant ces activités devraient en limiter les effets sur l’environnement.
Par ailleurs, la région assume un leadership pour le développement de son expertise dans les techno-mines souterraines qui sont reconnues comme un créneau d’excellence pour le développement d'un système productif régional compétitif sur le plan nord-américain et mondial pouvant devenir l'image de marque de la région. En effet, depuis février 2005, un organisme (MISA pour Mines, Innovations, Solutions, Applications) a été créé pour développer ce créneau d’excellence.
L’agriculture et les cultures d’avenir
La plaine argileuse de la région, riche et fertile, conjuguée à un climat particulier, confère à l’Abitibi-Témiscamingue un fort potentiel agricole. La région est déjà reconnue pour la qualité de ses fourrages et de sa production bovine, mais présente également de bons potentiels pour le développement de créneaux liés à l’agriculture biologique. Ce mode de production présente de bonnes possibilités de développement pour la région, notamment en raison du prix moins élevé des terres et de la présence d’une des plus grandes réserves de terres arables d’Amérique du Nord situées en majeure partie sur le territoire public. Déjà, le milieu régional a désigné le bœuf à l’herbe, une production biologique, comme un créneau en émergence.
La région présente aussi un potentiel intéressant par le développement de la culture de petits fruits, notamment le bleuet, et pour l’expansion de la production acéricole. Toutefois, le territoire public est déjà fortement sollicité, particulièrement à des fins d’exploitation forestière, ce qui limite les possibilités d’utilisation à des fins agricoles.
Une région vaste et accessible
Le paysage, la faune et la flore sont des composantes du milieu régional contribuant aussi au développement économique (chasse, pêche et récréotourisme). On trouve sur le tiers du territoire public de la région de nombreux territoires fauniques structurés (zecs, pourvoiries à droits exclusifs et réserve faunique) destinés aux activités de chasse et de pêche, conférant au reste de sa superficie le statut de territoire « libre ».
L’accès au territoire public est facile grâce aux nombreux chemins forestiers pouvant être utilisés par la population pour la pratique de leurs activités récréatives. À cet effet, on retrouve plus de 8 649 baux de villégiature (chalets et abris sommaires)2 ayant été accordés sur le territoire public. Également, la région dispose d’un vaste réseau de sentiers récréatifs, dont celui de motoneige qui est reconnu comme l’un des meilleurs au Québec. Sa localisation en territoire public confère au tracé une stabilité, mais présente des défis de concertation avec les autres utilisateurs du territoire. Les conditions climatiques particulières de la région s’avèrent un atout majeur pour le développement du tourisme hivernal.
Des eskers, un enjeu régional
Le passage des glaciers en région a laissé des dépôts de matériaux rocheux tel que les moraines et les eskers qui ont la particularité de receler une eau d’une qualité incomparable. Les activités d’une usine d’embouteillage d’eau ainsi que de nombreuses prises d’eau municipales bénéficient déjà de ces formations géomorphologiques situées en grande partie sur le territoire public. Elles sont en demande pour plusieurs projets de captage à des fins commerciales, de loisir et pour l’approvisionnement des municipalités en sable et en gravier. La mise en valeur de l’eau présente des enjeux majeurs, autant sur les usages actuels du territoire public que ceux à venir. À cet égard, l’eau constitue pour la région un créneau d’excellence actuellement en évaluation.
Une région ouverte aux nouveaux développements
Grâce à ses nombreuses ressources, le territoire public régional est en mesure de contribuer à la venue de nouvelles entreprises et au développement de nouveaux créneaux. Les productions agroalimentaires biologiques, l’embouteillage d’eau, le récréotourisme dont le tourisme d’aventure, la motoneige et les activités nautiques, ne sont que quelques exemples d’activités pour lesquelles le territoire public présente un potentiel de développement au cours des années à venir.
La communauté régionale devra donc diversifier son économie, tout en préservant la qualité de vie de sa population. La mise en valeur du territoire public et de ses ressources naturelles devrait favoriser la croissance de l’activité économique de la région, contribuer à contrer l’exode des jeunes, à attirer de nouveaux habitants et à contribuer au développement des communautés autochtones. Le milieu naturel offre d’innombrables activités de récréation qui devraient contribuer à la qualité de vie de la population. Parmi les défis de taille auxquels la région doit faire face, se trouve donc la poursuite d’un développement tablant sur les caractéristiques environnementales, sociales et économiques du territoire.
Enfin, la contribution du territoire public au développement socioéconomique et à la protection de l’environnement de l'Abitibi-Témiscamingue présente cependant d’autres défis importants. En effet, on assiste à la superposition de droits et de statuts de toute nature et des usages variés sur un même territoire. La superficie de l’ensemble des droits et statuts consentis sur le territoire de la région totalise plus de 130 000 km2, soit le double de la superficie de la région, auxquels s’ajoutent les droits linéaires tels que les sentiers de motoneige. En ajoutant à ces chiffres les 646,7 kilomètres carrés de superficie des projets, on constate tout le potentiel du territoire public, mais aussi toute la complexité de sa mise en valeur. Des choix doivent donc être faits pour permettre la cohabitation des usages de même que l’harmonisation des interventions. La contribution des partenaires régionaux et des communautés autochtones est indispensable et constitue une condition préalable à une utilisation judicieuse du territoire public.
1 Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Direction de la politique et de l’économie minérale, mars 2004.
2 Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Direction régionale de la gestion du territoire public de l’Abitibi-Témiscamingue, Système de gestion des droits fonciers, mars 2010.
Voir également
Portrait territorial - Abitibi-Témiscamingue (Format PDF, 8 Mo)
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