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Quand les arbres
tombent malades... |
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Bulletin pédagogique |
Mai 2003
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Les impacts des insectes forestiers sur la
forêt
Les épidémies
Les épidémies d'insectes forestiers sont souvent
spectaculaires. Elles sont causées par un très grand
nombre d'insectes qui occasionnent des dommages importants
et entraînent des pertes économiques considérables.
Les épidémies d'insectes surviennent dans des
conditions particulières, c'est-à-dire lorsque
tous les facteurs favorables à la multiplication des insectes
sont en place.
La tordeuse des bourgeons de l'épinette, la livrée
des forêts et l'arpenteuse de la pruche font partie
de ces insectes forestiers qui se développent sur de vastes
superficies et ravagent plusieurs milliers d'arbres. L'apparition
des épidémies peut se faire de façon cyclique.
Par exemple, la tordeuse des bourgeons de l'épinette
revient hanter les forêts québécoises à
tous les 30 ans environ et la livrée des forêts, à
tous les 10 ou 12 ans. La durée des épidémies
d'insectes forestiers est variable selon les insectes en cause.
On a déjà vu des invasions s'étaler sur
plusieurs décennies.
Les forêts sont habitées par plusieurs milliers d'insectes.
Tous les insectes forestiers n'atteignent cependant pas en
nombre des proportions épidémiques. La plupart du
temps, on remarque à peine leur présence. En effet,
les facteurs de contrôle naturel comme le climat, les ennemis
naturels, les maladies (bactéries, virus et champignons)
et la résistance des arbres agissent pour garder les populations
d'insectes sous contrôle.
Les superficies touchées
Les invasions d'insectes forestiers
peuvent se produire sur de vastes territoires. Les superficies touchées
se calculent habituellement en hectares. Par exemple, les épidémies
de la tordeuse des bourgeons de l'épinette qui ont
débuté en 1909, 1938 et 1967 ont affecté respectivement
30, 26 et 35 millions d'hectares de forêt. L'une
des plus importantes invasions connues de l'arpenteuse de
la pruche a entraîné la destruction de quelque 143 000 hectares
de forêts de sapins sur l'Île d'Anticosti
de 1971 à 1973. Au Québec, à la fin des années 80,
la livrée des forêts faisait des ravages en affectant
un territoire d'environ un million d'hectares.
Quand la tordeuse des bourgeons de
l'épinette frappe durement, elle laisse derrière
elle un immense territoire d'arbres défoliés
qui sont facilement observables du haut des airs.
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Depuis l'an 1999, une nouvelle épidémie
de livrée des forêts frappe la région de l'Abitibi-Témiscamingue.
C'est actuellement la plus importante épidémie
d'insectes qui affectait en 2002 quelque 315 000 hectares
de forêt.
Les impacts économiques
L'incidence économique des invasions d'insectes
forestiers peut être considérable. La défoliation
et les autres dommages causés aux arbres, dont la mort de
plusieurs d'entre eux, peuvent entraîner des pertes
financières qui touchent parfois durement l'industrie
forestière et même l'industrie touristique. À
cela, il faut ajouter les coûts défrayés par
la lutte contre un insecte forestier lorsqu'elle est jugée
nécessaire. Quoique plus difficile à évaluer,
le bilan de l'impact économique doit également
considérer les effets positifs de l'épidémie
sur la santé de la forêt et sur sa capacité
future de produire du bois.
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À la suite de la dernière
épidémie de tordeuse des bourgeons de l'épinette,
dans les forêts publiques, le volume de bois morts a
été évalué à plus de 180 millions
de mètres cubes. Dans les régions où
il y avait abondance de sapin, des pulvérisations aériennes
d'insecticides ont permis de limiter la mortalité
des arbres, mais ont engendré une dépense d'environ
165 millions $ pour la période 1970-1991.
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Les insectes défoliateurs
Au Québec, les dégâts
les plus graves sont causés par les insectes défoliateurs.
Même si les dommages que ces insectes provoquent n'entraînent
pas toujours la mort des arbres, leurs effets modifient l'état
de santé et l'apparence de ces derniers, ce qui n'est
pas négligeable. La défoliation modérée
ou grave nuit à la croissance des arbres en réduisant
l'action de la photosynthèse,
un processus essentiel à leur survie, en plus de les affaiblir
et de les rendre plus vulnérables
aux maladies et aux attaques d'autres insectes forestiers.
Les effets de la perte de feuillage
varient selon l'espèce d'arbre, son âge,
son état de santé, le site sur lequel il repose,
le stress qu'il subit, le climat, les maladies qui ont
pu l'affecter, etc. Les effets de la défoliation
dépendent aussi du nombre d'insectes forestiers,
de la gravité, de la fréquence et de l'époque
de la défoliation. Par exemple, dans le cas de la livrée
des forêts, on a remarqué que trois années
consécutives de défoliation modérée
ou grave affectent la croissance des peupliers faux-trembles,
mais que les arbres plus vigoureux s'en sortent bien
dès que l'épidémie est terminée.
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Tous les arbres ne résistent pas de
la même façon à la défoliation. Les feuillus
sont moins vulnérables, car ils peuvent remplacer les feuilles
détruites par de nouvelles durant la même saison. Les
résineux qui perdent leurs aiguilles chaque année,
comme le mélèze, sont aussi moins vulnérables.
Par exemple, des mélèzes du Nouveau-Brunswick ont
résisté à des défoliations moyennes
à graves pendant une période de neuf ans.
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Au cours du dernier siècle,
le Québec a connu trois épidémies importantes
de la tordeuse de bourgeons de l'épinette. Les
arbres survivants sont de bons témoins de ces perturbations.
Leur croissance, qui a été ralentie, se traduit
par la formation de cernes annuels anormalement minces. Cette
rondelle d'épinette blanche indique que l'arbre
a connu trois épisodes de très faible croissance,
soit autour de 1914, 1950 et 1976. Ces années correspondent
aux trois épidémies de tordeuse qui ont sévi
au 20e siècle.
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Les insectes suceurs
Les effets des insectes suceurs sont beaucoup moins spectaculaires
et beaucoup moins graves que ceux des insectes défoliateurs.
Les indices les plus fréquents de leur présence sont :
une décoloration du feuillage, un aspect recourbé
des feuilles et des aiguilles, une chute de celles-ci, une mort
possible des branches et l'apparition de galles. En fait,
bien que certains pucerons puissent quelques fois tuer des arbres,
la majorité des insectes suceurs causent surtout des dommages
esthétiques aux arbres. Certains ouvrent aussi la voie à
des maladies graves. Par exemple, les piqûres de la cochenille
du hêtre sont une porte d'entrée à la
maladie corticale du hêtre.
Les insectes perceurs
Les insectes perceurs s'attaquent généralement
aux arbres affaiblis, fraîchement coupés ou renversés
par le vent. Les déchets laissés à la suite
des coupes constituent aussi une bonne part de leur nourriture.
Chez les arbres sains, les galeries creusées par les insectes
perceurs empêchent la bonne circulation de la sève.
Les feuilles finissent par se faner, rougir ou jaunir et tomber.
De plus, la mauvaise circulation de la sève diminue la vitalité
de l'arbre et cause la mort de certaines branches. Parfois,
lorsque les galeries sont très nombreuses, des branches peuvent
casser sous l'action du vent et du poids de la neige. Finalement,
les insectes perceurs causent un stress pour l'arbre et peuvent
aussi être des transporteurs importants de maladies. Les scolytes
de l'orme, par exemple, sont les responsables de la transmission
de la maladie hollandaise de l'orme.
| Les insectes qui creusent des galeries peuvent déprécier
considérablement la valeur des billes de bois destinées
au sciage. |
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Les impacts positifs sur la forêt
Les insectes forestiers ont aussi des impacts
positifs. Grâce à l'effet d'éclaircie
qu'elle provoque, leur action permet : de maintenir la vitalité
des forêts en croissance, de régénérer
le couvert forestier parvenu à maturité, de diversifier
les peuplements forestiers et les communautés animales qui
y vivent et de contribuer à restaurer
les habitats
fauniques, voire à en créer d'autres. Les
insectes forestiers sont en fait de véritables artistes qui
façonnent le paysage forestier, comme le font les feux de
forêt. Ils sont une composante essentielle des forêts.
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Voici à quoi ressemblent les
dommages causés par le diprion de Swaine, une espèce
de mouche à scie.
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Le sapin baumier est une des espèces de conifères
étant bien adaptée aux épidémies
de la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Le
passage de cet insecte provoque un rajeunissement des sapinières.
Durant une épidémie, une grande partie des aiguilles
des sapins adultes sont dévorées et plusieurs
arbres meurent. Ceci a pour effet d'éclaircir la
forêt et de faire pénétrer la lumière
jusqu'au sous-bois.
Les petits sapins profitent alors de cette éclaircie
pour accélérer leur croissance à un rythme
fulgurant.
Avec le temps, ils poussent et remplacent les sapins adultes
tués par la tordeuse.
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Dans une sapinière, le sous-bois
est généralement recouvert d'un tapis
de petits sapins baumiers cachés sous les grands. Étant
beaucoup moins affectés par la tordeuse des bourgeons
de l'épinette ou par d'autres insectes,
ces arbres pourront assurer la relève des forêts
de sapins après le passage des épidémies
d'insectes.
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