La faune

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Gros plan sur la faune



Suivi télémétrique des oiseaux de proie avant l’élaboration de parcs éoliens


Aigle royal muni d’un émetteur satellitaire
Source : Philippe Beaupré, MRNF

Les oiseaux de proie constituent un des groupes les plus susceptibles d’entrer en collision avec les éoliennes (Anderson et al. 1996). Ces oiseaux utilisent généralement les courants ascendants pour planer et les éoliennes sont souvent implantées sur des sites favorisant ces courants, augmentant ainsi les risques de collision (Barrios et Rodriguez 2004). Les oiseaux de proie seraient aussi particulièrement vulnérables lorsqu'ils chassent, car ils fixent leur attention sur leur proie et sont alors moins attentifs aux pales des éoliennes (Orloff et Flannery 1992). Ainsi, certains parcs éoliens présentent de nombreux cas de mortalité d’oiseaux de proie; l’emplacement d’un parc éolien est, par conséquent, un élément important dans le risque de collision d’oiseaux de proie.


Pygargue à tête blanche muni d’un émetteur satellitaire.
Source : Raymond McNicoll, MRNF

Parmi les espèces d’oiseaux affectées par la mortalité associée aux collisions avec éoliennes, l’aigle royal (Aquila chrysaetos) est fréquemment répertorié (Orloff et Flannery 1992; Erickson et al. 2002; Hunt 2002). Cette espèce, désignée vulnérable au Québec, peut donc être affectée si un parc d’éoliennes est implanté dans un couloir emprunté lors des migrations ou, encore, sur des sites utilisés comme aires d’alimentation pendant la saison de reproduction. Compte tenu du nombre relativement faible d’individus de cette espèce au Québec, la perte de seulement quelques individus risquerait d’avoir des répercussions sérieuses sur la population et pourrait contrecarrer les efforts déployés dans le cadre du plan de rétablissement élaboré pour cette espèce au Québec. Deux autres espèces d’oiseaux de proie ont obtenu le statut d’espèce vulnérable au Québec, soit le pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) et le faucon pèlerin (Falco peregrinus anatum). Ces espèces vulnérables méritent aussi une attention particulière puisque des mortalités de faucon pèlerin ont été observées en Europe et qu’une autre espèce de pygargue, le pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla), a lui aussi été victime des éoliennes (Durr 2004 dans Kingsley et Whittam 2005; Steiof 2006).


Faucon pèlerin muni d’un émetteur satellitaire.
Source : Jean Lapointe, MRNF

Il importe donc de s’assurer que les études d’impact, qui devront être réalisées dans le cadre de projets d’implantation d’éoliennes, prendront en considération les oiseaux de proie et, particulièrement, les espèces à statut précaire nommées précédemment. Pour chacun des sites considérés pour l’implantation d’éoliennes, des inventaires doivent être faits pour déterminer s’il existe des sites connus de nidification d’espèces d’oiseaux de proie désignées menacées ou vulnérables (aigle royal, faucon pèlerin et pygargue à tête blanche) dans l’aire d’étude ou à proximité de celle-ci. Dans l’affirmative, des travaux devront être prévus pour délimiter les domaines vitaux des oiseaux en question.

La méthodologie consiste à capturer un individu du couple nicheur et à lui installer sur le dos un émetteur satellitaire lequel enregistre, une fois l’heure, une position GPS, l’altitude, la vitesse et la direction du déplacement. Par la suite, le domaine vital de l’oiseau est estimé et l’utilisation du territoire est analysée. Si le parc éolien projeté chevauche le domaine vital, le Ministère devra s’assurer de la protection de l’oiseau à l’aide de mesures d’harmonisation.

Suivis télémétriques 2011 :

Suivis télémétriques 2010 :

Suivis télémétriques 2009 :

Mars 2012