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Depuis que les premiers mandats
de rénovation cadastrale ont été déposés,
la Direction générale du foncier (DGF) effectue des
contrôles de qualité sur les biens livrables qui découlent
des mandats de rénovation cadastrale. Elle fait aussi un
suivi global des résultats obtenus afin de vérifier
la qualité atteinte. L'analyse de ces résultats et
de ceux qui se rapportent aux opérations cadastrales en territoire
rénové a amené la DGF à conclure que
des changements au processus de rénovation se révélaient
nécessaires(1).
En conséquence, dans une démarche
d'amélioration de la qualité du produit cadastral,
le document d'appel d'offres a été modifié
pour favoriser davantage l'expertise à l'échelle locale.
La version 4.0 des Instructions pour la réalisation
d'un mandat de rénovation cadastrale s'inscrit dans cette
même optique. Nous nous attarderons donc plus particulièrement
sur ce dernier point.
Les changements apportés dans la version 4.0
visent, notamment :
- à améliorer la qualité du plan cadastral
de rénovation par une meilleure analyse foncière;
- à disposer d'instructions mieux adaptées à
tous les types de territoire;
- à simplifier et à préciser le processus
de rénovation cadastrale;
- à améliorer la communication avec les propriétaires.
Tous ces changements sont conformes à l'ensemble
des recommandations que le Bureau de direction de l'Ordre des arpenteurs-géomètres
du Québec a formulées au mois d'août 1998.
Le présent article a pour but de faire connaître
la teneur des principaux changements apportés aux instructions
précitées. Certains changements importants dans le
contenu, c'est-à-dire ceux qui touchent directement le produit
cadastral et ceux qui se rapportent à la communication avec
les propriétaires retiennent davantage l'attention.
Il est utile de noter que, pour la majorité
des travaux en cours, la version 3.3 est encore en vigueur.
Quant à la version 4.0, elle s'applique aux contrats
accordés depuis le mois de mars 1999.

Produit cadastral
Abandon des types de lot et
du fichier des points de contrôle d'intégration
Avant de présenter les changements en cause,
il serait bon de rappeler brièvement la raison d'être
du concept de type de lot.
Sur la base du principe selon lequel l'effort nécessaire
pour désigner de nouveau les lots jugés corrects est,
généralement, moindre que celui exigé pour
corriger ceux qui ne le sont pas, une distinction entre deux types
de lots était prévue : les lots intégrables
(INT) et les lots non intégrables (NIN)(2).
Le concept de type de lot consistait, d'une part, à rémunérer
le fournisseur qui exécute un contrat de rénovation
cadastrale en fonction de l'effort nécessaire pour représenter
les lots sur le plan cadastral de rénovation et, d'autre
part, à établir sa responsabilité par rapport
à chacun des nouveaux lots.
S'ils comportaient des parties de lots ou des anomalies
cadastrales intrinsèques ou, encore, s'ils échouaient
le test d'intégration par secteur, les lots étaient
qualifiés NIN. Ce test consistait à comparer la position
théorique des sommets de lots à celle des points correspondants
au sol, c'est-à-dire les points de contrôle d'intégration
(PCI). C'est le résultat de cette analyse qui dictait le
type de lot à associer à l'ensemble des parcelles
d'un secteur.
À la suite de l'analyse des résultats
obtenus à partir des mandats déjà terminés,
la pertinence de l'analyse d'intégration a été
remise en question, et ce, pour plusieurs raisons :
- dans les faits, l'analyse d'intégration était
peu utilisée (dans 9 p. 100 des cas seulement). En
effet, la possibilité d'intégrer les lots était
assumée dans la plupart des cas(3);
- pour près de la moitié des lots devenus NIN en
raison du résultat de l'analyse d'intégration, les
mesures et la contenance étaient reportées intégralement.
En conséquence, la responsabilité et la rémunération
du fournisseur ne reflétaient pas toujours l'action posée;
- ce concept ne pouvait être appliqué à l'extérieur
des territoires urbains(4) où
les secteurs sont constitués essentiellement de parties
de lots et de lots en anomalie(5).
En plus de l'analyse d'intégration qui démontrait
des faiblesses, le concept de type de lot a fait l'objet, lui aussi,
de nombreuses réflexions basées sur les considérations
suivantes :
- un effort important était exigé pour traiter la
notion de type de lot par rapport à son utilité;
- les écarts entre le coût unitaire des lots INT
et NIN n'étaient plus significatifs pour le morcellement
de type urbain.
Le concept de type de lot a donc été abandonné
par le fait même, les notions d'analyse d'intégration
et de PCI le furent aussi.
Maintenant, la rémunération du fournisseur
est basée uniquement sur le type de morcellement. Quant à
la responsabilité du fournisseur à l'égard
de la représentation des lots, elle est établie en
fonction de l'action résultante qu'il pose par rapport aux
données cadastrales déjà existantes. Ainsi,
dans le cas où toutes les données d'un lot sont reportées
sur le plan cadastral de rénovation et dans la mesure où
le fournisseur a pris tous les moyens et posé tous les actes
exigés pour représenter correctement ce lot, ce fournisseur
n'a aucune responsabilité professionnelle relativement à
la représentation du lot en question.
Par ailleurs, ces changements ont pour effet de
simplifier la confection des biens livrables avec l'abandon du rapport
d'analyse des secteurs (RAS) et du fichier des points de contrôle
d'intégration (FPCI).

Ajout
du fichier de points de positionnement
À partir de maintenant, avec l'abandon des
PCI et de l'analyse d'intégration, une nouvelle disposition
est prévue pour contrôler la position du cadastre rénové
en assurant un lien adéquat avec le terrain : les points
de positionnement (PP)(6).
Ces points vont permettre de s'assurer que le levé terrain
est suffisant pour les territoires à rénover(7).
Ces points, qui doivent correspondre à des
sommets de lots, constituent des marques d'occupation relevées
ou des points calculés issus d'une opération d'arpentage.
Pour chacun des points calculés que le fournisseur transmet
au fichier des points de positionnement (FPP), une référence
au document d'arpentage doit être faite (opération,
nom de l'arpenteur-géomètre et numéro de minute).
La densité de point a été établie à
un PP par trois lots, et ce, indépendamment du type de morcellement
du territoire. Un minimum de 20 p. 100 de points est exigé
sur les lignes arrière des lots.
Par rapport aux anciennes règles, cette
nouvelle obligation de fournir des PP pour l'ensemble d'un territoire
à rénover représente une nette amélioration.
D'une part, les PP transmis par le fournisseur sont choisis parmi
ceux qu'il a retenus au terme de son analyse foncière et
qui respectent la tolérance de positionnement définie
dans les instructions(8). Ces nouvelles
dispositions s'harmonisent donc avec le processus de travail des
fournisseurs. D'autre part, l'obligation de fournir des PP pour
tous les types de territoire vient contrer le fait que le contrôle
du terrain était parfois insuffisant.

Diminution de la tolérance
graphique appliquée à la rénovation cadastrale
Le concept de tolérance graphique a été
défini pour assurer la cohérence entre les mesures
et la contenance d'un lot inscrites sur le plan cadastral de rénovation
et sur la représentation graphique de ce même lot.
Cependant, l'analyse des résultats des mandats
antérieurs a démontré une détérioration
de cette cohérence. Une des tendances constatées est
l'augmentation constante des écarts(9)
pour les annotations de mesures. Le graphique qui suit illustre
bien cette tendance.
L'augmentation du nombre de cas où l'on
trouve une répartition systématique d'un surplus ou
d'un déficit fait partie des constatations qui ont été
faites.
Ces résultats ont eu pour conséquence de faire diminuer
de moitié la tolérance graphique exigée au
cours des travaux de rénovation cadastrale(10).
| Échelle de représentation |
Nouvelle tolérance graphique |
|
1/1 000
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0,21 m
|
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1/2 000
|
0,42 m
|
|
1/5 000
|
1,05 m
|
|
1/10 000
|
2,10 m
|
|
1/20 000
|
4,20 m
|
Cette diminution s'imposait particulièrement
pour faciliter l'intégration des opérations cadastrales
en territoire rénové. Il en était de même
pour contrer l'utilisation abusive de la tolérance graphique
et l'intégration à outrance du cadastre déjà
existant, par le report, au plan cadastral de rénovation,
d'anomalies devant être corrigées, et par la répartition
d'un surplus ou d'un déficit constaté. Cette mesure
a donc pour effet de favoriser une meilleure analyse foncière.

Ajout d'un plan de travail
Le plan de travail prévu dans la nouvelle
version des instructions(11) est
un document qui doit présenter tous les éléments
qui ont servi à l'analyse foncière du fournisseur,
c'est-à-dire l'information sur le cadastre déjà
existant, les titres de propriété et l'occupation
sur le terrain. Afin d'être en mesure de répondre,
de manière appropriée, aux questions qui lui sont
adressées, le fournisseur doit avoir ce document en sa possession
lors de la consultation des propriétaires. Le Ministre peut
également l'exiger en tout temps, même après
l'officialisation du plan cadastral de rénovation. Par exemple,
le plan de travail pourra être utilisé en présence
d'opinions divergentes à propos de la limite d'un mandat.
Il pourra l'être aussi dans les cas de problèmes soulevés
après l'officialisation du plan cadastral de rénovation.
Pour produire le plan de travail, un contenu minimal
a été fixé. Entre autres choses, il faudra
y trouver les mesures des parties de lots et les mesures aux titres,
l'identification des lignes bornées et des lignes d'arpentage
primitif, les marques d'occupation relevées, de même
que les points de positionnement.
Pour les fournisseurs, l'ajout de cette disposition aux instructions
ne représente pas un changement réel puisque, selon
la pratique courante, la production d'un tel plan était déjà
de mise. Il s'agit plutôt d'ajustements pour que le contenu
minimal soit présent.

Autres précisons
apportées
D'autres précisions apportées auront
des répercussions sur le produit cadastral. Ainsi :
- les lois et les règlements régissant l'utilisation
des immeubles ont été spécifiés comme
facteurs à considérer pour regrouper ou ne pas regrouper
les lots(12);
- désormais, une seule mesure devra être associée
à une ligne de lot commune à deux lots contigus(13);
- une nouvelle façon de représenter les changements
d'échelle facilitera la consultation des plans cadastraux(14),
tout en simplifiant la confection des fichiers pour le fournisseur.
En ce qui concerne l'analyse foncière en
rénovation cadastrale, certaines précisions ou mises
en garde ont aussi été ajoutées. Cependant,
puisqu'il s'agit de règles à suivre pour tout travail
d'analyse foncière, elles ne constituent qu'un rappel :
- l'application des instructions ne doit aucunement restreindre
l'analyse foncière que le fournisseur doit effectuer dans
le cadre de la rénovation cadastrale. En tout temps, cette
analyse demeure régie par les règles qui gouvernent
l'exercice de la profession d'arpenteur-géomètre(15);
- le fournisseur doit considérer le cadastre déjà
existant, les titres et l'occupation, lorsqu'il fait son analyse
foncière(16);
- tel qu'il a été mentionné précédemment,
la tolérance graphique ne doit pas être utilisée
pour reporter des anomalies au plan cadastral de rénovation
ou pour répartir un surplus ou un déficit qui aura
été constaté(17).

Communication avec les propriétaires
Certaines modifications ne se rapportent pas au
plan cadastral comme tel, mais plutôt à la communication
avec les propriétaires au cours du processus de rénovation
cadastrale. Tel qu'il a été mentionné précédemment,
le fournisseur a l'obligation d'avoir en sa possession, au moment
de la consultation, le nouveau plan de travail exigé. Cela
permettra de présenter aux propriétaires en cause
les éléments pris en considération au cours
de son analyse foncière. Dans le but d'améliorer la
communication avec les propriétaires, d'autres dispositions
sont également ajoutées.

Avis de rénovation
Rappelons que, lorsqu'un mandat démarre,
les propriétaires visés reçoivent un avis d'intention
les informant du début des travaux de rénovation cadastrale.
Après l'acceptation de la livraison 3, ces mêmes
propriétaires reçoivent un deuxième avis les
invitant à se rendre à la consultation pour prendre
connaissance du projet de plan cadastral. Au terme des travaux,
les propriétaires ayant formulé, lors de la consultation,
une demande de révision d'opinion, ou tous les propriétaires
de lots qui ont subi des modifications depuis la livraison 3,
reçoivent un avis de modification.
Dorénavant, les nouveaux propriétaires
qui acquerront un lot après la livraison 3, ou ceux
dont le lot sera morcelé à la suite d'une opération
cadastrale ou de la publication d'un titre, recevront un avis de
rénovation(18) les informant
du résultat de la rénovation cadastrale. Ils apprendront
donc que la désignation de leur lot a été modifiée.
Cet avis est produit par le Ministre, en fonction de codes que le
fournisseur inscrit dans un des biens livrables exigés, c'est-à-dire
le fichier des attributs d'un lot (FAL).

Précisions supplémentaires
Toujours dans le souci d'améliorer la communication
avec les propriétaires, d'autres précisions ont été
apportées :
- le cadre d'intervention défini pour informer les grands
propriétaires(19) s'applique
également aux organismes qui gèrent certaines propriétés
(par exemple, le ministère des Transports qui est responsable
de la gestion de certaines routes détenues par les municipalités).
Il en est de même pour les grands propriétaires qui
détiennent ou gèrent, des emplacements contigus
au territoire faisant l'objet de la rénovation(20);
- des précisions ont été apportées
à propos de l'utilisation des codes de rénovation.
Ces codes sont utilisés pour transmettre aux propriétaires
un message qui reflète les actions posées par le
fournisseur par rapport à leur lot(21);
- d'autres précisons se rapportent à la rédaction
des avis de modification (qui relève de la responsabilité
des fournisseurs), et ce, dans le but de répondre clairement
aux propriétaires(22).
De plus, de façon à préciser
les messages transmis aux propriétaires et à les inciter
à participer davantage aux consultations, le contenu des
avis d'intention et de consultation sera bientôt révisé.

Conclusion
Tel que l'introduction du présent document
le précisait, la production de la version 4.0 des Instructions
pour la réalisation d'un mandat de rénovation cadastrale
s'inscrit dans une démarche d'amélioration de la qualité
du produit cadastral.
Les changements apportés s'appuient sur
de nombreuses réflexions et sur le bilan des résultats
obtenus depuis le début du programme. Ces modifications répondent
aussi aux volontés du Bureau de direction de l'Ordre des
arpenteurs-géomètres du Québec.
Il ne fait aucun doute que le renforcement des
exigences de résultats, les mesures favorisant l'expertise
locale et la simplification du processus (confection des biens livrables)
permettront d'obtenir un produit cadastral de meilleure qualité.
Ces changements favoriseront également la participation d'un
plus grand nombre d'arpenteurs-géomètres
qui, espérons-le, sauront saisir l'occasion
pour contribuer au succès du programme.

- À ce sujet, il est utile de
consulter : « Les modifications au processus de
rénovation cadastrale », feuillet Un bon terrain
d'entente, juin 1999.
- Voir à ce sujet : Instructions
pour la réalisation d'un mandat de rénovation cadastrale,
version 3.3, p. 38-39.
- Lorsque le fournisseur avait l'assurance
qu'un secteur pouvait être intégré, il n'était
pas tenu d'en faire la démonstration au Ministre. Dans
de tels cas, la seule obligation du fournisseur était de
fournir trois PCI par secteur, et ce, indépendamment du
nombre de lots et de la configuration du secteur. (À ce
sujet, il est utile de se reporter aux Instructions pour la réalisation
d'un mandat de rénovation cadastrale, version 3.3,
p. 45).
- Par milieu urbain, on entend les territoires
de forte densité, morcelés par cadastre (territoires
subdivisés).
- Évidemment, des levés
de terrain étaient exigés. Toutefois, le fournisseur
n'avait aucune obligation de fournir des PCI pour ces secteurs.
- Pour plus de précisions à
ce sujet, il est utile de consulter : Instructions pour la réalisation
d'un mandat de rénovation cadastrale, version 4.0,
p. 27-29 et 90-91.
- Ces points n'ont pas pour objectif
de juger de la qualité de l'analyse professionnelle des
experts fonciers qui accomplissent les travaux de rénovation
cadastrale. Leur but est plutôt de s'assurer que l'occupation
a été suffisamment considérée.
- Voir : Instructions pour la réalisation
d'un mandat de rénovation cadastrale, version 4.0,
p. 29.
- Un écart est défini comme
étant la différence entre la mesure inscrite pour
une ligne de lot et celle qui est calculée à partir
des coordonnées de cette même ligne.
- Voir à ce sujet : Instructions
pour la réalisation d'un mandat de rénovation cadastrale,
version 4.0, p. 26-27.
- Ibid., p. 14.
- Ibid., p. 36.
- Ibid., p. 108.
- Ibid., p. 118 et s.
- Ibid., p. 1.
- Ibid., p. 11.
- Ibid., p. 27.
- Ibid., p. 17.
- Les grands propriétaires sont
des organismes qui détiennent des immeubles répartis
sur l'ensemble du territoire. Ils se distinguent des autres propriétaires
par la quantité de données foncières qu'ils
détiennent et par le nombre de fois qu'ils seront sollicités
au cours de la rénovation cadastrale. Ils sont désignés
par le Ministre.
- Voir à ce sujet : Instructions
pour la réalisation d'un mandat de rénovation cadastrale,
version 4.0, p. 20.
- Ibid., p. 76-77.
- Ibid., p. 50 et s.
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