Qu'est-ce qu'un refuge biologique?
Les refuges biologiques sont de petites aires forestières, d’environ 200 hectares en moyenne, soustraites aux activités d’aménagement forestier et dans lesquelles des habitats et des espèces sont protégés de façon permanente. Il en existe actuellement 2 866 au Québec, répartis de façon relativement uniforme dans l’ensemble des forêts aménagées du domaine de l’État. Ces aires forestières ont été désignées à titre de refuges biologiques par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune en vertu de l’article 24.10 de la Loi sur les forêts (L.R.Q., c. F-4.1).
Les refuges biologiques constituent la pierre angulaire des mesures mises en œuvre pour atteindre l’objectif de protection et de mise en valeur des ressources du milieu forestier (OPMV) sur le maintien en permanence de forêts mûres et surannées.
La raréfaction des forêts mûres et surannées dans les territoires forestiers aménagés est une préoccupation internationale qui fait l’objet d’un large consensus parmi les spécialistes. Or, si ces forêts deviennent trop rares, certaines espèces fauniques ou floristiques pourraient voir leur population diminuer à des niveaux non souhaitables. L’une des façons de traiter cet enjeu est de soustraire, de façon permanente, certaines superficies forestières à toute activité d’aménagement afin d’y conserver intactes les forêts mûres ou surannées, représentatives du patrimoine forestier, ou encore d’y laisser vieillir naturellement les forêts plus jeunes. Ces territoires seront alors plus susceptibles d’abriter des forêts ayant atteint ou dépassé l’âge de maturité commerciale et, du même coup, de fournir des habitats propices aux espèces associées aux vieilles forêts.
Pourquoi protéger les refuges biologiques?
Les refuges biologiques sont protégés afin de conserver des forêts mûres ou surannées représentatives du patrimoine forestier et d’y maintenir la diversité biologique. La présence d’un grand nombre de refuges biologiques favorise la conservation de la biodiversité, puisqu’ils peuvent servir de « foyer de dispersion » pour les espèces à petit domaine vital associées aux vieilles forêts ou, encore, de « relais de dispersion » pour les espèces à plus grand domaine vital. Ils favoriseraient ainsi la connectivité écologique entre les aires protégées de grande dimension comme les parcs nationaux, les réserves de biodiversité ou les réserves aquatiques. La conservation de la diversité biologique est l'un des six critères d'aménagement durable des forêts inscrits dans la Loi sur les forêts.
Le Ministère et la protection des refuges biologiques
En décembre 2007, le gouvernement insérait de nouvelles dispositions dans la Loi sur les forêts (article 24.10) pour accorder une protection accrue et plus permanente à ces territoires en les désignant légalement à titre de refuges biologiques.
De façon générale, les activités d'aménagement forestier sont interdites sur le territoire d'un refuge biologique. Toutefois, le ministre peut autoriser une activité aux conditions qu'il détermine, s'il l'estime opportun et si cette activité ne porte pas atteinte au maintien de la diversité biologique (article 24.13).
L’ensemble des dispositions légales et administratives fait en sorte que tous les refuges biologiques sont gérés de façon à assurer la protection des forêts mûres et surannées qui s'y trouvent. Pour un certain nombre de refuges biologiques, le niveau de protection est même suffisamment élevé pour qu’ils figurent au Registre des aires protégées du Québec tenu par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.
Où sont les refuges biologiques?
Les refuges biologiques sont répartis sur l’ensemble du territoire couvert par les forêts publiques aménagées. Leurs limites géographiques sont présentées sur une cartographie disponible à partir du navigateur géographique du Ministère.
Le Ministère tient à jour une liste des refuges biologiques (Format PDF, 124 Ko), désignés en vertu de la Loi sur les forêts, sur laquelle on trouve leur numéro d’identification, leurs coordonnées géographiques et leur superficie. Le numéro de chaque refuge biologique est formé de 12 caractères dont la signification est décrite ci-dessous :

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