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En avril 1996, le gouvernement du Québec
adoptait un nouveau Règlement sur les normes d'intervention
dans les forêts du domaine de l'État (RNI).
Ce règlement vise principalement à garantir le renouvellement
de la forêt; protéger l'ensemble des ressources
du milieu forestier : l'eau, la faune, la végétation
et le sol; harmoniser l'aménagement forestier avec
les autres activités exercées en forêt.
Ce feuillet présente quelques-unes des normes qui doivent
être respectées lors des travaux d'aménagement
forestier.
Garantir le renouvellement des forêts
Les arbres sont essentiels à la conservation des autres
ressources du milieu forestier. Il faut donc que les forêts
se renouvellent après la récolte du bois. Lors de
la coupe, par exemple, les travailleurs forestiers doivent protéger
les jeunes arbres et éviter de détériorer le
sol avec la machinerie. Le règlement prévoit donc
certaines normes, tels des sentiers d'espacement, une superficie
maximale d'aire de coupe, l'obligation de laisser sur pied les arbres
dont le tronc mesure moins de 10 cm de diamètre. Il
faut protéger la relève !
La protection des cours d'eau
Pays de lacs et de rivières
Au Québec, on estime qu'il y a en moyenne 14 km de
cours d'eau dans un territoire de 10 km². Règle
générale, chaque kilomètre de chemin forestier
traverse au moins un cours d'eau ! On comprend donc qu'il faille
accorder une grande importance au réseau hydrographique et
aux ressources qui en dépendent.
Les travailleurs forestiers qui oeuvrent à proximité
des lacs et des cours d'eau et qui aménagent des ponts
et des ponceaux, doivent respecter des mesures rigoureuses afin
de préserver la qualité du milieu aquatique.
La protection de la faune
L'habitat faunique et les interventions forestières
La forêt est le milieu de vie de la plupart des animaux sauvages.
Elle leur fournit abri, nourriture, site de reproduction et de mise
bas. Les besoins en habitats fauniques varient d'une espèce
à l'autre. Par exemple, l'orignal requiert plusieurs
kilomètres carrés pour satisfaire ses besoins, alors
que de plus petits animaux, comme le lièvre, se contentent
d'un territoire plus restreint.
Pour les lièvres, les cerfs de Virginie et les orignaux,
une coupe de quelques années constitue un excellent garde-manger.
C'est en effet là qu'ils trouvent en grande quantité
les jeunes pousses dont ils sont particulièrement friands.
Gourmands, mais toujours prudents, les animaux ne s'éloignent
jamais des couverts forestiers où ils peuvent se protéger
des prédateurs et des variations climatiques. L'effet
d'une coupe dépend donc des besoins d'habitat,
de la mobilité et de la capacité d'adaptation
de l'espèce.
Il est cependant possible de trouver des méthodes de récolte
qui minimisent l'impact pour la faune. La coupe en mosaïque
est un bon exemple : au lieu de récolter tout en même
temps, on répartit dans le temps et dans l'espace la
récolte des arbres matures. Lorsque la régénération
atteint plus de sept mètres dans les secteurs coupés
on récolte les blocs qui avaient été laissés.
| Une série de mesures vise à préserver
la qualité et la vocation d'habitats fauniques
reconnus par le gouvernement. Ces mesures favorisent des espèces
tels l'orignal, le cerf de Virginie, le caribou, le rat
musqué, le grand héron, le bihoreau à couronne
noire et les oiseaux qui vivent en colonie sur les falaises,
les îles et les presqu'îles. |
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En présentant une stratégie
de récolte fondée sur la dispersion des coupes,
les industriels s'assurent de conserver l'habitat
faunique de plusieurs espèces. |
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L'hiver est une saison critique pour le cerf de Virginie.
L'habitat d'hiver, appelé « ravage »,
doit être aménagé afin de maintenir la végétation
qui sert de nourriture et d'abri contre le vent et le
froid. L'hiver, un cerf consomme quotidiennement environ
un kilogramme de branches et de ramilles. |
Dans un ravage, on ne peut effectuer de coupe totale (CPRS) sur plus
de dix hectares dans les peuplements forestiers composés de
plus de 50 % d'essences résineuses. De plus, on
doit préserver une lisière boisée de soixante
mètres entre deux aires de coupe. Ces corridors boisés
facilitent la circulation pendant la durée de la régénération
des secteurs coupés.
Le grand héron est très sensible
au bruit. Une bande de protection intégrale de deux
cents mètres entoure les sites où ces oiseaux
érigent leurs nids, les héronnières.
Pendant la saison de nidification, du 1er avril
au 31 juillet, il est interdit d'effectuer des
travaux forestiers dans une bande additionnelle de trois cents
mètres.
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Respecter l'ensemble des utilisateurs du milieu forestier
| Les utilisateurs de la forêt
sont nombreux : chasseurs, pêcheurs, randonneurs, etc.
Il est donc important, lors de l'exécution des
travaux d'aménagement forestier, de préserver
l'intégrité visuelle des paysages qui s'offrent
à leurs yeux.
La coupe des arbres de plus de dix centimètres de
diamètre, la coupe avec protection de la régénération
et des sols (CPRS) est celle qui, le plus souvent, nuit à
la qualité des paysages. Diverses mesures, telles les
bandes de protection et la réduction des superficies
de coupes visent à protéger le paysage visible.
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Bien que les coupes aient un impact
sur les paysages, il est possible d'établir une
compatibilité entre l'utilisation du milieu forestier
pour la récolte du bois et celle pour la pratique d'activités
récréatives.
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Il est important d'identifier les portions
de paysages qui requièrent une attention spéciale.
En ciblant les sites particuliers où se pratiquent des
activités récréatives il est possible d'adopter
les mesures spécifiques. Voici quelques exemples :
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Ces coupes, de formes inégales et réparties
dans l'encadrement visuel, ne doivent pas excéder
le tiers de la superficie visible. |
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Encadrement visuel autour d'un camping aménagé
La coupe, avec certaines restrictions, est permise au-delà
de la bande de protection qui forme un écran visuel autour
du site aménagé.
Encadrement visuel autour d'une plage publique
Encadrement visuel autour d'un site d'observation
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