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Pour bien comprendre la forêt, il est nécessaire en
tout premier lieu de connaître les arbres.
Éléments familiers de nos paysages, les arbres sont
des êtres vivants qui, comme tous les êtres vivants,
naissent, grandissent, se reproduisent et meurent.
Qu'est-ce qu'un arbre?
Le dictionnaire définit un arbre comme un grand végétal
ligneux avec des racines et une tige, appelée tronc, qui
porte des branches. Règle générale, un arbre
mesure plus de 4 mètres de haut. Lorsque le végétal
est plus petit et composé de nombreuses ramifications à
partir de la base, il s'agit d'un arbrisseau ou d'un
arbuste.
Les arbres se divisent en deux grands groupes :
les conifères, aussi appelés les résineux,
et les feuillus.
Les conifères
(Gymnospermes)
Les feuilles des conifères prennent généralement
la forme d'aiguilles ou d'écailles. Ces arbres
produisent des cônes? d'où le nom conifère?
qui sont, en fait, les fruits, porteurs de graines. Le mot résineux
est aussi employé pour désigner les conifères
car ils renferment une substance gommeuse, souvent odoriférante,
appelée résine. Il suffit de penser à l'odeur
agréable du sapin baumier.
Au Québec, on dénombre une vingtaine d'espèces
de résineux.
Les feuillus
(Angiospermes)
Les feuillus sont parfois appelés bois franc ou bois dur.
En raison de propriétés physiques et chimiques, le
bois des feuillus est, règle générale, plus
dense ? donc plus dur ? que celui des résineux.
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Dans notre climat tempéré, les feuillus
perdent leurs feuilles à l'automne. La période
de la coloration automnale, qui précède la chute
des feuilles, nous offre des panoramas exceptionnels. Au Québec,
on dénombre plus d'une cinquantaine d'espèces
de feuillus. |
La reproduction des arbres
À maturité, les conifères et les feuillus
développent des organes reproducteurs.
Le cône est l'organe porteur des graines des résineux;
il résulte de la pollinisation (fécondation) de la
fleur femelle; c'est sous l'effet combiné de
l'action des insectes et du vent que le pollen de la fleur
mâle vient en contact avec la fleur femelle.
Quant aux feuillus, l'organe porteur des graines est le fruit;
il résulte aussi de la pollinisation de la fleur femelle,
par le pollen de la fleur mâle.
L'âge du début de la reproduction
varie selon l'espèce. Voici quelques exemples :
l'épinette blanche et le thuya commencent à
produire des graines à un âge variant entre 20 et 30 ans,
l'épinette noire et le bouleau à papier vers
l'âge de 15 ans et le chêne rouge vers l'âge
de 20 ans. Le bouleau jaune, l'arbre emblématique
du Québec, commence à produire des graines vers l'âge
de 40 ans.
Les graines des résineux et des feuillus seront disséminées
par le vent, par l'eau ou par les animaux. Si les conditions
sont favorables, les graines germeront pour donner naissance à
un autre arbre.
La croissance des arbres
Les arbres croissent à la fois en hauteur et en largeur.
La croissance en hauteur se fait par les bourgeons terminaux situés
à l'extrémité des branches.
La croissance en largeur est associée à une couche
de cellules, appelée cambium, située sous l'écorce.
À chaque période de croissance, le cambium forme,
vers l'extérieur, une nouvelle couche de cellules,
plus grosse et plus pâle, au printemps, et plus petite et
plus foncée, à la fin de l'été.
On peut donc déterminer l'âge d'un arbre
en comptant la succession de couches pâles et foncées
appelées anneaux de croissance. Cette croissance en largeur
explique pourquoi un chalumeau - petit tuyau en métal enfoncé
dans un érable à sucre pour recueillir la sève
lors du temps des sucres - oublié pendant quelques décennies
sur un érable, se retrouve à la même hauteur
mais complètement enfermé dans le bois de l'arbre.
En mesurant, à intervalles réguliers, le diamètre
d'un arbre, il est possible de calculer l'accroissement
annuel du volume de bois.
Certaines essences croissent plus que d'autres et plus vite que
d'autres, c'est génétique ! Cependant, plusieurs
facteurs influencent la qualité et la quantité de
croissance : la température, les précipitations,
la qualité du sol, la quantité de lumière,
les végétaux compétiteurs, les insectes et
les maladies. Les anneaux de croissance reflètent les conditions
de croissance.
On peut déterminer l'âge d'un arbre sans avoir à
le couper ! À l'aide d'un appareil, appelé sonde
de Pressler, on prélève un échantillon cylindrique,
une « carotte », jusqu'au centre de
l'arbre et on compte les anneaux visibles sur l'échantillon.
Cette incision dans l'arbre se cicatrise.
De l'arbre à la forêt
Une grande étendue de terrain où dominent des arbres
s'appelle une forêt. La langue française renferme une
foule de jolis mots pour identifier nos forêts. En voici quelques-uns :
une forêt où dominent plusieurs érables se nomme
une érablière; le mot pessière signifie une
forêt d'épinettes; une cédrière renferme
des thuyas, une chênaie des chênes et une forêt
de sapins s'appelle une sapinière !
Une connaissance approfondie de la vie et de la croissance des
arbres permet aux forestiers de déterminer la meilleure façon
de les récolter et d'assurer leur régénération
naturelle.
Sachant, par exemple, que les très jeunes érables
croissent normalement à l'ombre des autres, le forestier
pratique uniquement la récolte partielle des arbres dans
une érablière. Il évite ainsi de causer une
trop grande présence de lumière au sol après
la coupe. Les jeunes bouleaux jaunes ainsi que les jeunes chênes
préfèrent un peu plus de lumière. Le forestier
favorisera la régénération de ces espèces
en pratiquant de petites ouvertures dans la forêt.
Les épinettes et les sapins préfèrent la pleine
lumière. Dans une pessière ou dans une sapinière,
le forestier pourra alors prévoir la coupe des arbres de
plus de dix centimètres de diamètre dans un même
secteur. Il crée ainsi les conditions propices à la
croissance des petits arbres qui restent et à la germination
des graines.

Tout un univers !
Évidemment, une forêt recèle bien plus que
des arbres. Au Québec, les forêts abritent plus de
400 espèces de mammifères, d'oiseaux, de reptiles
et d'amphibiens, des milliers d'insectes et des milliers d'autres
espèces de plantes. Pour subvenir à leurs besoins,
ces organismes vivants dépendent de la grande diversité
des habitats forestiers. Aujourd'hui, les forestiers pratiquent
une sylviculture? la culture et l'exploitation des arbres des forêts?
qui respecte ces habitats, protégeant ainsi la biodiversité
forestière.
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