Autant de propriétaires, autant de perspectives
d'aménagement. C'est toutefois dans une perspective
d'aménagement durable qu'ils contribueront à
maintenir la vitalité socio-économique de nombreuses
municipalités du Québec, avec l'aide des organismes
qui les épaulent.
Survol des forêts
Les forêts privées appartiennent aux
domaines de végétation (Format PDF, 1 Mo)
des érablières et de la sapinière
à bouleau jaune (forêts de feuillus et forêts
mixtes). Les forêts de feuillus, principalement des érablières,
sont concentrées dans les régions des Laurentides,
de l'Estrie, de l'Outaouais, de la Chaudière-Appalaches,
de la Mauricie – Bois-Francs et de la
Montérégie. Ces érablières renferment
une grande diversité d'espèces feuillues, qui
varie selon les régions. Les régions de l'Estrie,
de la Chaudière-Appalaches et de la Mauricie
– Bois-Francs ont une proportion plus grande de résineux.
Dans la région du Bas-Saint-Laurent, les peuplements
résineux dépassent en superficie les peuplements feuillus.
La presque totalité des propriétés forestières
privées (88 %) ne fait guère plus de 50 hectares.
Ces petits boisés sont surtout situés dans les régions
de la Chaudière-Appalaches, de la Mauricie
– Bois-Francs, de la Montérégie, du Bas-Saint-Laurent
et de l'Estrie. Par ailleurs, certaines entreprises forestières
possèdent de grandes superficies de forêts d'un
seul tenant. On qualifie de grandes forêts celles qui font
800 hectares et plus. Ces grandes propriétés
privées font surtout partie des paysages de la région
de Québec, de la Mauricie – Bois-Francs
et de l'Estrie.
Une bonne part de matière ligneuse provient des forêts
privées du Québec. En effet, celles-ci
contribuent pour 20 % de l'approvisionnement en bois
rond des usines de transformation du bois. Les activités
en forêt privée génèrent chaque année
des revenus annuels de quelque 800 M$, dont 500 M$ proviennent
de la récolte de bois. Ce sont les syndicats et offices de
producteurs de bois qui assurent les services de mise en marché.
La production de bois de chauffage et de produits de l'érable,
tout comme la culture d'arbres de Noël, constituent d'autres
activités importantes dans les forêts privées.
La chasse et la pêche le sont tout autant, puisque dans 50 %
des cas, c'est sur les terres privées que s'exercent
ces deux activités.
Des partenaires actifs
On reconnaît au Québec quatre catégories
de partenaires impliqués dans la gestion
et l'aménagement des forêts
privées :
- les propriétaires de lots boisés;
- les industriels forestiers;
- le monde municipal;
- le gouvernement du Québec.
Ces partenaires étaient présents
au Sommet sur la forêt privée, tenu en 1995.
Ils ont discuté de huit thèmes qui se rattachent au
développement durable des communautés rurales. À
l'issue du Sommet, un comité formé
de partenaires s'est entendu sur les orientations à
donner en rapport avec ces thèmes et sur des modalités
de mise en œuvre de plans d'action. Lors de la rencontre de 1998,
les partenaires ont dressé un bilan sur les actions réalisées.
Cette rencontre a été aussi pour eux l'occasion
d'aborder de nouveaux thèmes de discussion pour lesquels
ils ont établi des plans d'action.
Les grandes orientations
Les orientations d'aménagement ou
grandes lignes d'action prises à l'issue du Sommet
vont dans le sens de l'aménagement durable des forêts.
En effet, les huit thèmes auxquels ces orientations se rapportent
se rattachent de près ou de loin à l'un ou l'autre
des trois grands thèmes du développement durable :
l'environnement, les besoins de la société et
l'économie.
- la protection du milieu forestier : définir et
faire appliquer des normes de protection;
- la connaissance de la forêt privée : développer
les outils nécessaires pour obtenir une meilleure connaissance
de la forêt privée;
- la gestion de la mise en valeur : créer des organismes
pour faciliter la gestion;
- la mise en marché des produits ligneux : adapter
la structure de mise en marché en fonction des nouvelles
règles du commerce international;
- l'appui professionnel aux propriétaires : donner
aux propriétaires l'aide professionnelle nécessaire
à la réalisation d'un aménagement durable
de leur boisé;
- le financement de la mise en valeur : assurer un financement
stable entre les partenaires;
- l'impôt sur le revenu : faire modifier certaines
mesures en faveur du propriétaire;
- l'impôt foncier : modifier le régime
d'imposition foncière en faveur du propriétaire.
Zoom sur les propriétaires
Qui sont-ils? Que font-ils de leurs forêts?
Il est assez difficile de dresser le portrait d'un
propriétaire type au Québec. Aucune étude globale
n'existe sur le sujet. Cependant, un récent rapport
d'enquêtes sur les propriétaires forestiers de
dix régions du Québec montre qu'ils partagent
tout de même quelques points communs. Ces enquêtes ont
été réalisées en 1998 et 1999
par les agences régionales de mise en valeur des forêts
privées.
- Le rapport révèle qu'un peu plus de la
moitié (54 %) des propriétaires de forêts
sont des hommes de 45 ans et plus et qu'un propriétaire
sur trois réside à moins d'un kilomètre
d'un de ses lots boisés. La majorité des propriétaires
(63 %) possède un lot de moins de 50 hectares.
Un peu plus de la moitié (56 %) a affirmé avoir
récolté du bois au cours des cinq années
qui ont précédé les enquêtes. La presque
totalité de ces propriétaires (92 %) a dit
en avoir fait du bois de chauffage. Un tiers des propriétaires
a acheminé le bois vers une usine de sciage et un autre
tiers vers une usine de pâtes. Soixante et un pourcent des
propriétaires ont dit avoir coupé moins de 5 %
des arbres à la fois et 28 %, moins de 25 %.
- Les propriétaires ont aussi utilisé leur boisé
à d'autres fins que la récolte. La chasse
a été pratiquée par 40 % d'entre
eux, tandis que 36 % se sont adonnés à diverses
autres activités récréatives.
- Par ailleurs, l'idée d'aménager la
forêt selon des principes de conservation de la biodiversité
fait son chemin. Les propriétaires ont dit se montrer sensibles
à la question de la protection des habitats et des paysages;
64 % des interrogés ont affirmé être
prêts à modifier leur façon de couper du bois
dans le but de protéger ces éléments de biodiversité.
En Estrie et en Outaouais, ce sont respectivement 91 % et
84 % des propriétaires qui ont dit être prêts
à le faire.
Les enquêtes n'ont pas permis de savoir
si les propriétaires des dix régions à l'étude
étaient familiers avec les organismes de la forêt privée
et des programmes d'aide du Ministère. Cependant, en
Estrie et en Outaouais, où la question a été
posée, un peu plus du tiers (42 %) des propriétaires
ont répondu être familiers avec l'un ou l'autre
des organismes mentionnés (groupements forestiers, syndicats,
conseillers, entrepreneurs privés, etc.). Quarante-six pour
cent ont dit être familiers avec le programme du statut de
producteur forestier, et 44 % ont affirmé être
au courant du programme de remboursement de taxes foncières
pour les producteurs forestiers.
Voir également
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