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Le Québec entend favoriser :
- Le développement économique des Autochtones en leur facilitant, notamment par le biais d'ententes, l'accès à certaines ressources en dehors des réserves;
- la participation des Autochtones à la mise en valeur des ressources;
- la gestion par les nations ou communautés autochtones de certaines activités sur ces territoires déterminés, par le biais d'ententes.
Source : Partenariat, développement, actions - Orientations du gouvernement du Québec concernant les affaires autochtones, 1998
Une contribution significative aux décisions
La gestion des ressources forestières
québécoises a fait l'objet d'importants débats
publics depuis plus de trois décennies. Les politiques,
lois et règlements qui touchent le milieu forestier
ont été modifiés en profondeur, entre
autres, pour assurer une place accrue à tous les intervenants
du milieu. Les nations autochtones ont apporté une
contribution significative à cette démarche.
Lors de l'instauration, en 1986, du nouveau régime
forestier (Loi
sur les forêts) et Règlement
sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine
de l'État, les Autochtones ont pris part au
débat. Que ce soit par des mémoires présentés
lors d'audiences publiques, au sein de commissions parlementaires,
par la participation à des comités ou au moyen
d'avis, ils ont fait valoir leur point de vue.
La contribution des Autochtones s'est aussi révélée
dans le cadre du processus de mise à jour du régime
forestier, à partir de 1998, à l'occasion
de consultations organisées à leur intention.
Les Autochtones y ont, entre autres, renouvelé leur
désir de reconnaissance de leurs intérêts
par le reste de la société québécoise
et ont réaffirmé leur détermination à
participer à la gestion forestière.
En incluant plusieurs dispositions à cet égard
dans la Loi modifiant la Loi sur les forêts et d'autres
dispositions législatives, adoptée en 2001,
le gouvernement du Québec renforce sa volonté
d'aller dans le sens des intérêts exprimés
par les Autochtones et, ce faisant, de poursuivre les actions
déjà entreprises auprès des communautés
autochtones en matière de foresterie.
Les Autochtones participent donc aux processus de planification
des plans d'aménagement et sont consultés, selon
des modalités particulières, sur les grands
enjeux de la foresterie québécoise, de même
que sur la définition des orientations et des objectifs
à poursuivre en matière de gestion et de mise
en valeur du milieu forestier. L'application des normes d'intervention
en milieu forestier peut être adaptée localement
par le biais de « mesures d'harmonisation »
afin de concilier davantage les activités d'aménagement
forestier avec celles que les Autochtones mènent à
des fins alimentaires, rituelles ou sociales.
Une participation effective à la mise en valeur de la ressource
Comme elles l'ont signifié lors des
consultations sur la mise à jour du régime forestier,
les communautés autochtones veulent également
participer à l'activité économique découlant
de la mise en valeur de la ressource forestière, dans
le respect de leurs traditions et dans un esprit de développement
durable. Sur cet aspect aussi, le gouvernement du Québec
souhaite répondre, dans la mesure de ses moyens, à
leurs aspirations. D'ailleurs, un volet du Programme de mise
en valeur des ressources du milieu forestier est exclusivement
réservé aux projets soumis par les communautés
autochtones.
Peu présents dans les activités de récolte
forestière voilà une trentaine d'années,
des organismes, communautés et entreprises autochtones
ont aujourd'hui accès à des volumes significatifs
de matière ligneuse du domaine public. Au cours de
la dernière décennie, ils se sont en outre impliqués
dans la transformation du bois, de sorte que quatre communautés
sont maintenant propriétaires ou copropriétaires
d'usines de transformation. Parallèlement à
cette nouvelle implication en foresterie, plusieurs entreprises
autochtones ont aussi développé une expertise
en aménagement forestier (éclaircies, reboisement,
élagage
). Les travailleurs sylvicoles autochtones
sont d'ailleurs de plus en plus recherchés par les
exploitants forestiers.
Des gestes concrets par le biais d'ententes
L'un des moyens privilégiés
par le gouvernement du Québec pour mettre en application
ses orientations concernant la participation à la gestion
et au développement économique des Autochtones
est la conclusion d'ententes sectorielles dans différents
domaines, dont la foresterie. Le gouvernement poursuit actuellement
des discussions avec plusieurs communautés dans le
but de conclure de telles ententes.
« La paix des braves »
Une autre entente, à portée
encore plus vaste et qui s'inscrit également dans les
grandes orientations de 1998, a été conclue
en février 2002 entre le gouvernement du Québec
et les Cris. Cette entente historique, qualifiée de
« paix des braves », permettra de poursuivre
le développement du Nord-du-Québec dans le respect
du mode de vie des Cris et assurera une plus grande prise
en charge par les Cris de leur propre développement.
Elle comporte un imposant volet forestier qui prévoit
l'adaptation du régime forestier québécois
au contexte particulier du territoire couvert par l'entente.
Par exemple, des modalités d'intervention spécifiques
seront appliquées aux territoires fauniques d'intérêt
particulier pour les Cris. Un conseil Cris-Québec sur
la foresterie sera créé pour assurer notamment,
le suivi, le bilan et l'évaluation de la mise en oeuvre
de l'entente.
Cet accord, de nation à nation avec les Cris, de même
que les ententes avec d'autres nations sont au cur des
relations entre le gouvernement et les communautés
autochtones du Québec, sur les questions de foresterie.
De telles ententes démontrent que les Autochtones peuvent
participer concrètement et apporter une contribution
significative à la gestion des forêts québécoises.
Ce faisant, les Autochtones s'assurent que leurs valeurs,
leur culture et leurs besoins seront pris en considération
par la société québécoise, et
qu'ils participent activement à leur propre développement
économique ainsi qu'à celui de l'ensemble du
Québec.
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