Ministère des Ressources naturelles, de la Faune du Québec
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Foire aux questions


Préservation de la faune

  1. Y a-t-il des espèces animales menacées ou vulnérables dans la région?
  2. Pourquoi autant d’efforts sont-ils consentis afin d’assurer la préservation du caribou en Gaspésie? Pourquoi ne pas introduire des individus à partir des grands troupeaux dans le Nord du Québec?
  3. Au cours des dernières années plusieurs personnes affirment avoir aperçu un couguar dans la région; ont-elles vu un fantôme?
  4. On entend de plus en plus parler des chauves-souris. Quelles sont les espèces présentes en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine?

Gestion de la faune

  1. La chasse au gros gibier est une activité très populaire en Gaspésie et de nombreuses statistiques sont publiées annuellement, mais qu’en est-il de la chasse au petit gibier?
  2. Quels moyens suis-je autorisé à prendre si un animal sauvage cause des dommages à mes biens?
  3. Avant les années 1980 on ne voyait pas de coyotes en Gaspésie. Qu’est-ce qui a contribué à l’augmentation de leur nombre et qu’est-ce que fait le Ministère pour limiter leur impact sur les espèces proies?

Rôle et intervention du Ministère

  1. En quoi consiste le travail des biologistes et des techniciens de la faune à la direction régionale du Ministère?
  2. Beaucoup d’éoliennes seront implantées en Gaspésie d’ici les dix prochaines années. Que fait le Ministère pour mesurer les conséquences que cette nouvelle technologie pourrait avoir sur les oiseaux?
  3. À l’exception de quelques lacs en Gaspésie, ce sont les groupes de citoyens qui doivent demander l’ouverture d’un plan d’eau pour la pêche blanche. Comment le Ministère analyse-t-il les demandes?

Préservation de la faune

1. Y a-t-il des espèces animales menacées ou vulnérables dans la région?

Statut

Groupe

Nom français

Nom scientifique

Espèces menacées
(n=10)

Insectes

Satyre fauve des Maritimes

Coenonympha nipisiquit

Mammifères

Carcajou**

Gulo gulo

Caribou, population de la Gaspésie

Rangifer tarandus

Mammifères marins

Béluga, population du Saint-Laurent

Delphinapterus leucas

Oiseaux

 

 

 

 

Grèbe esclavon

Podiceps auritis

Pluvier siffleur

Charadrius melodius

Râle jaune

Coturnicops noveboracensis

Sterne de Dougall

Sterna dougallii

Sterne caspienne

Sterna caspia

Tortues

Tortue Luth

Dermochelys coriacea

Espèces vulnérables
(n=9)

Amphibiens

Tortue des bois*

Glyptemys insculpta

Oiseaux

Aigle royal

Aquila chrysaetos

Arlequin plongeur Histrionicus histrionicus
Faucon pèlerin anatum Falco peregrinus anatum
Garrot d'Islande Bucephala islandica
Grive de Bicknell Catharus bicknelli
Pygargue à tête blanche Haliaeetus leucocephalus

Poissons

Alose savoureuse

Alosa sapidissima

 

Éperlan arc-en-ciel, pop. sud estuaire Saint-Laurent

Osmerus mordax

Espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables
(n=41)

Amphibiens

Grenouille des marais

Lithobates palustris

Bivalves

 

Anodonte du gaspareau*

Anodonta implicata

Mulette-perlière de l'Est

Margaritifera margaritifera

Insectes

 

 

 

Bourdon terricole

Bombus terricola

Coccinelle à deux points

Adalia bipunctata

Cuivré des marais salés

Lycaena dospassosi

Faux-longicorne scalaire

Cephaloon ungulare

Mélanople de Gaspésie

Melanoplus gaspesiensis

Nordique à nervures blanches de Gaspé

Oeneis bore gaspeensis

Scolyte annexé

Scierus annectans

Spondyle ténébrion

Neospondylis upiformis

Tréchine à scapes larges

Trechus crassiscapus

Mammifères

Belette pygmée**

Mustela nivalis

Campagnol des rochers Microtus chrotorrhinus
Campagnol-lemming de Cooper Synaptomys cooperi
Chauve-souris argentée Lasionycteris noctivagans
Chauve-souris cendrée Lasiurus cinereus
Chauve-souris rousse Lasiurus borealis
Cougar Puma concolor
Musaraigne de Gaspé Sorex gaspensis
Pipistrelle de l'Est Pipistrellus subflavus

Mammifères marins

Baleine noire

Eubalaena glacialis

Marsouin commun Phocoena phocoena
Morse* Odobenus rosmarus
Rorqual bleu Balaenoptera musculus
Rorqual commun Balaenoptera physalus

Oiseaux

Bruant de Nelson

Ammodramus nelsoni

Engoulevent d'Amérique Chordeiles minor
Hibou des marais Asio flammeus
Martinet ramoneur Chaeture pelagica
Moucherolle à côtés olive Contopus cooperi
Océanite cul-blanc Oceanodroma leucorhoa
Paruline du Canada Wilsonia canadensis
Quiscale rouilleux Euphagus carolinus

Poissons

Anguille d'Amérique

Anguilla rostrata

Esturgeon noir Acipenser oxyrinchus
Loup atlantique Anarhichas lupus
Omble chevalier oquassa Salvelinus alpinus oquassa
Morue franche, pop. nord-laurentienne Gadus morhua
Requin bleu Prionace glauca

Serpents

Couleuvre à collier**

Diadophis punctatus

**Espèce potentiellement présente

2. Pourquoi autant d’efforts sont-ils consentis afin d’assurer la préservation du caribou en Gaspésie? Pourquoi ne pas introduire des individus à partir des grands troupeaux dans le Nord du Québec?

Les caribous peuplaient jadis toute la péninsule gaspésienne et la Nouvelle-Angleterre. Cependant, la perte d’habitat engendrée par l’exploitation forestière et l’agriculture ainsi que la chasse intensive de l’espèce ont grandement contribué à son déclin. La principale menace est maintenant la prédation exercée sur les faons par les coyotes et les ours. Aujourd’hui, les caribous sont isolés au cœur de la Gaspésie avec un effectif oscillant autour de 175 individus sur le territoire. Cette population relique est la dernière au sud du Saint-Laurent et elle est génétiquement distincte de toutes les autres populations de caribous. On comprend alors mieux son caractère unique et sa grande importance pour la biodiversité gaspésienne et québécoise. C’est pourquoi l’introduction de caribous à partir des grands troupeaux du nord n’est pas envisageable.

3. Au cours des dernières années plusieurs personnes affirment avoir aperçu un couguar dans la région; ont-elles vu un fantôme?

Depuis quelques années, des personnes nous ont rapporté avoir vu des couguars. Dans la région, nous documentons annuellement une vingtaine de témoignages. La majorité semble crédible. Actuellement, la base de données contient 138 rapports d’observation pour la période de 1990 à 2007 pour la région. En 2002, des tests d’ADN effectués sur des poils prélevés sur des sites d’appâtage installés à une quinzaine d’endroits en Gaspésie ont prouvé la présence du couguar. Ces tests révèlent que trois individus seraient bel et bien des couguars et qu’ils appartiendraient à la souche nord-américaine. Toutefois, nous présumons qu’ils sont peu nombreux. Mentionnons également qu’il est strictement interdit de chasser ou de piéger le couguar au Québec.

4. On entend de plus en plus parler des chauves-souris. Quelles sont les espèces présentes en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine?

Le Québec compte huit espèces de chauves-souris réparties en deux groupes distincts. D’abord cinq espèces sont considérées comme résidentes puisqu’elles passent toute l’année sous nos latitudes. Il s’agit de la grande chauve-souris brune, de la petite chauve-souris brune, de la chauve-souris nordique, de la chauve-souris pygmée et de la pipistrelle de l’Est. Ces espèces sont cependant inactives au cours de l’hiver. Elles survivent à la rigueur du climat hivernal en hibernant dans des grottes naturelles ou dans des mines désaffectées.

Les trois autres espèces sont migratrices et, à l’instar de certains oiseaux, elles voyagent vers le sud pour atteindre des régions au climat plus doux. Ce groupe d’espèces comprend la chauve-souris rousse, la chauve-souris argentée et la chauve-souris cendrée.

Sept des huit espèces du Québec ont été recensées en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Seule la chauve-souris pygmée est absente du territoire jusqu’à maintenant. Les connaissances sur l’écologie de ces mammifères sont limitées de sorte que cinq espèces sont placées sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables, soit les trois espèces migratrices, la chauve-souris pygmée et la pipistrelle de l’Est.

Gestion de la faune

5. La chasse au gros gibier est une activité très populaire en Gaspésie et de nombreuses statistiques sont publiées annuellement, mais qu’en est-il de la chasse au petit gibier?

La chasse au petit gibier est également très populaire dans la région. Les principales espèces recherchées dans notre région sont la gélinotte huppée, le tétras du Canada et le lièvre d’Amérique. Depuis 1999, la direction régionale du Ministère a instauré un programme de suivi de la récolte sportive de la gélinotte huppée et du tétras du Canada sur la péninsule gaspésienne. Un réseau d’environ 75 participants bénévoles permet de recueillir des données sur l’effort de chasse et la récolte annuelle alors que le prélèvement de pièces anatomiques sert à identifier la structure de population automnale. Ces résultats servent à orienter la gestion de ce groupe d’espèces.

Aux Îles-de-la-Madeleine, le lièvre d’Amérique constitue la seule espèce de petit gibier pour la chasse sportive. Cette espèce a été réintroduite sur l’Île du Havre-Aubert en 1994 et la première saison de chasse a eu lieu en 2002. Le suivi annuel de la récolte est effectué en partenariat avec l’Association des chasseurs et pêcheurs sportifs des Îles-de-la-Madeleine.

6. Quels moyens suis-je autorisé à prendre si un animal sauvage cause des dommages à mes biens?

La Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune permet à la personne qui subit des dommages de prendre les moyens nécessaires pour que l’animal cesse de nuire. Consultez la rubrique Animaux importuns qui vous donnera beaucoup de renseignements pertinents.

  • Tout d’abord, il faut savoir quel animal cause les dommages, sinon les efforts investis peuvent être inutiles.
  • Une fois que l’on sait quel est cet animal, il faut tenter de l’effaroucher ou de l’éloigner (clôture, moyens sonores ou visuels). La rubrique Animaux importuns vous donnera plusieurs pistes.
  • Puis, si cela ne donne aucun résultat, on prend des moyens plus radicaux allant même jusqu’à l’élimination de l’animal selon certaines conditions. Il faut prioriser l’utilisation des périodes de chasse et de piégeage. Sinon un permis de gestion de la faune peut être nécessaire. Informez-vous auprès de votre bureau local du Ministère.
  • Enfin, il faut éliminer de façon adéquate les spécimens abattus (ou s’en défaire) et en aviser la Direction de la protection de la faune lorsqu’il s’agit d’une espèce à déclaration obligatoire. 

7. Avant les années 1980 on ne voyait pas de coyotes en Gaspésie. Qu’est-ce qui a contribué à l’augmentation de leur nombre et qu’est-ce que fait le Ministère pour limiter leur impact sur les espèces proies?

Le coyote a récemment colonisé la Gaspésie. Les premières apparitions dans la péninsule datent de 1973 et, depuis 2001, sa présence a été recensée aux Îles-de-la-Madeleine. Historiquement, la répartition du coyote se limitait aux plaines du centre ouest de l’Amérique du Nord. Les principaux facteurs qui expliqueraient son expansion vers l’est du continent sont la disparition de son principal compétiteur, le loup gris (Canis lupus), l’intensification de l’exploitation forestière ainsi que le développement de l’agriculture. Le déboisement a permis au coyote de trouver des milieux semi-ouverts et ouverts qui lui sont propices.

Le coyote est un prédateur du cerf de Virginie et du caribou de la Gaspésie. Afin de réduire l’impact de ce prédateur sur ces cervidés, le MRNF a instauré deux programmes qui ont pour but de réduire la population de coyotes en Gaspésie. Le premier s’effectue dans le cadre du Programme de mise en valeur du cerf et le second dans le cadre du Plan de rétablissement du caribou de la Gaspésie.

Rôle et intervention du Ministère

8. En quoi consiste le travail des biologistes et des techniciens de la faune à la direction régionale du Ministère?

Tous deux contribuent à la mission du Ministère qui consiste à favoriser la mise en valeur, la conservation et la connaissance des ressources naturelles et du territoire dans une perspective de développement durable. Le technicien est celui qui assure les prises de données, effectue les travaux d’intervention sur le terrain et procède aux analyses en laboratoire alors que le biologiste analyse les données, détermine les interventions essentielles au maintien de notre patrimoine faunique et élabore les stratégies nécessaires.

9. Beaucoup d’éoliennes seront implantées en Gaspésie d’ici les dix prochaines années. Que fait le Ministère pour mesurer les conséquences que cette nouvelle technologie pourrait avoir sur les oiseaux?

Il faut d’abord préciser que les oiseaux migrateurs relèvent de la compétence du gouvernement fédéral et que la gestion de ce groupe d’espèces est assuré par le Service canadien de la faune (SCF). Par contre, les oiseaux de proie et les espèces granivores relèvent de la compétence du ministère des Ressources naturelles et de la Faune.

Le Ministère est très engagé dans l’analyse régionale des impacts des projets de parcs éoliens sur l’environnement en général et sur les espèces fauniques qui volent en particulier. Ses préoccupations à l’égard des oiseaux de proie et des chauves-souris l’ont amené à produire deux protocoles d’inventaire que chaque promoteur de parc éolien doit respecter dans son devis d’étude d’impact. Ces ouvrages de référence dictent les méthodes d’inventaire et l’effort d’échantillonnage que doit comporter chaque projet.

Un troisième protocole aussi produit par le Ministère précise le contenu que doit être prévu dans le suivi des mortalités d’oiseaux de proie et de chauves-souris que chaque propriétaire de parcs éoliens doit mettre en place en cours des trois premières années d’activité des éoliennes.

D’autre part, le Ministère effectue un suivi télémétrique de la nidification de trois espèces d’oiseaux de proie désignées vulnérables en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Ainsi plusieurs nids d’aigle royal, de pygargue à tête blanche et de faucon pèlerin sont actuellement à l’étude afin d’évaluer la superficie du domaine vital des oiseaux, soit l’espace utilisée autour des nids. Cette évaluation permettra d’établir une zone de protection et de prévoir des mesures d’atténuation le cas échéant.

10. À l’exception de quelques lacs en Gaspésie, ce sont les groupes de citoyens qui doivent demander l’ouverture d’un plan d’eau pour la pêche blanche. Comment le Ministère analyse-t-il les demandes?

La pêche hivernale est une activité grandement appréciée dans la région. Toutefois, plusieurs de nos lacs sont petits et peu profonds ce qui en font des lacs peu productifs. Ainsi, plusieurs lacs ne peuvent pas supporter deux saisons de pêche et c’est la pêche estivale qui est priorisée. Voilà pourquoi le Ministère a élaboré une grille d’évaluation qui permet d’établir s’il est possible d’ouvrir une deuxième saison de pêche dans un même plan d’eau. Le potentiel du lac est d’abord évalué à partir des données biologiques disponibles. Ensuite, le plan d’eau doit être intégré en territoire structuré au plan de gestion du territoire.

En territoire libre, l’ouverture de la pêche d’hiver doit favoriser les activités à caractère promotionnel (festival de pêche, activité axée sur la relève, carnaval, etc.). La relève (moins de 18 ans) doit composer 40 % et plus des pêcheurs sportifs présents au cours de l’activité de pêche. Si tous les critères sont remplis, le lac peut être ouvert pour la pêche d’hiver. Les groupes qui demandent l’ouverture d’un lac pour la pêche blanche ont la responsabilité de veiller sur l’activité et de remettre un rapport au Ministère.