Le Système de production des cartes de
potentiel minéral,
une nouvelle tendance mondiale
L’évaluation du potentiel minéral
par intégration de données spatiales géoréférencées
est une approche qui est utilisée à l’échelle
mondiale maintenant et l’intérêt qu’elle
suscite ne cesse de croître. D’ailleurs, la publication
d’un nombre grandissant d’articles traitant du sujet
le confirme. Cette nouvelle tendance a été grandement
favorisée par la mise au point de nouveaux logiciels permettant
ce genre de traitement à l’aide de l’ordinateur
personnel et par la possibilité d’accéder à
de nouvelles bases de données numériques.
Anciennement, la détermination de zones
propices à la découverte de nouveaux gisements s’effectuait
généralement par la superposition de multiples couches
de polyester, chacune illustrant un élément géologique
pouvant révéler la présence d’un type
de gisement recherché (faille, anomalie géophysique,
anomalie géochimique, etc.). Les zones d’intérêt
étaient sélectionnées parmi celles présentant
le plus grand nombre de recoupements. L’intégration
numérique de données géoréférencées
a révolutionné cette approche en permettant de cibler,
avec une précision marquée, le type de données
(ou thème) à traiter, d’adapter le
traitement selon des approches empiriques ou conceptuelles, et,
enfin, de combiner les résultats suivant l’importance
relative de chaque thème.
Les différentes méthodes utilisées
pour le traitement des données se regroupent en deux catégories :
d’abord, les méthodes empiriques (« data-driven
»), qui reposent sur l’analyse statistique de l’association
spatiale de dépôts minéralisés déjà
connus avec divers éléments géologiques, géophysiques
ou géochimiques; ensuite, les méthodes conceptuelles
(« knowledge-driven ») qui, suivant l’évaluation
experte du géologue traitant, reposent sur la définition
et le traitement spatial de paramètres métallogéniques
pertinents pour un modèle choisi.
Les méthodes empiriques utilisent
un ensemble de validation (« training set »)
généralement constitué par une carte numérique
localisant un nombre suffisant de dépôts connus appartenant
au modèle métallogénique traité dans
la région à l’étude. Le traitement consiste
à calculer le rapport statistique entre cet ensemble de validations
et un certain nombre de cartes numériques représentant
chacune un paramètre (ou thème) pertinent
pour le modèle (carte des intrusions felsiques, des altérations
en fer, des filons synvolcaniques, etc.). Les approches empiriques
utilisent, essentiellement, trois méthodes : l’analyse
régressive, les réseaux neuronaux (« neural
networks ») et la pondération des évidences
(« weight of evidence »).
Les méthodes conceptuelles (sur
lesquelles les cartes SPCPM reposent) sont basées sur un
modèle métallogénique pertinent pour la région
étudiée. Ce modèle se compose de paramètres
géologiques (sources de chaleur, lithologies favorables,
failles permettant la circulation des fluides, etc.) qui sont considérés
comme nécessaires pour la formation de dépôts
ou favorables à ceux-ci. À ces paramètres,
s’ajoutent aussi des indicateurs ponctuels (affleurements
minéralisés, minéraux indicateurs d’altération,
anomalies géochimiques, etc.) signalant la présence
de minéralisations. Dans chaque cas, ces éléments
constituent un thème de modélisation. Le traitement
des données est guidé par l’évaluation
de l’expert sur le rôle de chaque thème dans
la mise en place de dépôts potentiels. La pondération
des divers thèmes et leur combinaison peuvent résulter
soit d’une évaluation arbitraire d’un expert
métallogéniste, soit de méthodes combinatoires
relevant de techniques telles que les ensembles flous (fuzzy
logic) ou, encore, la théorie des croyances de Dempster-Shafer.
Les approches empiriques nécessitant un
nombre significatif de dépôts appartenant au modèle
étudié pour pouvoir être appliquées,
seules les régions déjà explorées intensivement
peuvent bénéficier de ce type de traitement. Ces méthodes
ont l’avantage de reposer sur une approche factuelle démontrable
et vérifiable. Elles sont toutefois le résultat de
relations statistiques parfois complexes, dont le sens, sur le plan
géologique, n’est pas toujours évident. Les
approches conceptuelles se prêtent davantage aux régions
peu explorées où peu, ou pas, de minéralisations
favorables n’ont encore été reconnues. L’évolution
du produit étant dirigée par le jugement expert d’un
métallogéniste, cette méthode rend le produit
très proche d’un modèle de gisement avec lequel
les entreprises d’exploration sont déjà familiarisées.
En contrepartie, la pondération arbitraire des paramètres
dans cette approche est déterminée par les préférences
expertes du métallogéniste, qui peuvent varier d’un
expert à l’autre.
|
 |