Distribution des minéralisations Ni-Cu-EGP
dans la Ceinture de Cape Smith
(Orogène d'Ungava) : pistes d'exploration
Daniel Bandyayera et Abdelali Moukhsil
Direction de Géologie Québec
La Ceinture de Cape Smith renferme un potentiel
minéral unique. Cette région du Nord-du-Québec
fait actuellement l’objet d’activités d’exploration
accrues. Les plus récents résultats obtenus par les
compagnies d’exploration en confirment l’excellent potentiel
pour la découverte de nouveaux indices de Ni-Cu-EGP. Jusqu’à
maintenant, l’exploration s’est concentrée davantage
dans le sud de la ceinture. D’autres secteurs de la partie
nord méritent toutefois d’être explorés.
Dans cette optique, le Ministère a récemment défini
des tendances de distribution géologiques (trends)
particulières pour chacune des parties de la Ceinture de
Cape Smith (Bande de Raglan).
| La distribution des minéralisations Ni-Cu-EGP de la
Bande de Raglan montre deux « trends »
distincts : le « trend »
nord et le « trend » sud. Le
« trend » nord est nettement
plus riche en nickel que le « trend »
sud, qui pour sa part se distingue par ses teneurs élevées
en platine et en palladium. Les deux « trends »
se distinguent également sur le plan des rapports Ni/Cu.
Alors que ce rapport est de 1 pour le « trend »
sud, il varie de 2 à 54 dans le « trend »
nord. |
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Il est possible d’envisager que les minéralisations
des deux « trends » ne soient pas
reliés génétiquement par le même système
de dykes nourriciers. Les magmas associés aux minéralisations
du « trend » nord sont plus primitifs que ceux rattachés
aux minéralisations du « trend »
sud.
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Le « trend » nord
est formé par les indices Ni-Cu-EGP de l’horizon
Raglan situés à l’interface entre les groupes
de Povugnituk et de Chukotat. Il englobe un chapelet de 19 lentilles
de sulfures massifs dont les plus importants sont les dépôts
Katinniq, Donaldson et Lac Cross. Ces dépôts sont
observés à la base des unités de laves
komatiitiques, ou associés à des cumulats ou à
des sills ultramafiques qui recoupent le Groupe de Chukotat.
Les teneurs en nickel sont généralement élevées.
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Elles atteignent par endroits 8 % sur une
dizaine de mètres d’épaisseur. Les teneurs en
cuivre sont par contre très faibles. Elles s’élèvent
rarement à 1 %. Quelques échantillons des sulfures
massifs ou disséminés montrent des moyennes de 3 g/t
Pd et 1,3 g/t Pt. Selon la classification des gîtes
de sulfures magmatiques, le « trend »
nord correspond au type de gîtes de sulfures magmatiques à
Ni-Cu dominants.
Le « trend » sud
est associé essentiellement à des filons couches
différenciés de péridotite-pyroxénite-gabbro
et occasionnellement à des dykes nourriciers relativement
zonés de composition péridotitique ou gabbroïque.
Il englobe plusieurs indices minéralisés dont
les plus importants sont Mesamax, Expo-Ungava, TK et Méquillon.
La minéralisation est essentiellement formée
de sulfures disséminés et semi-massifs, et occasionnellement
de sulfures massifs, localisés à la base des
intrusions.
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On observe par endroits une alternance entre les sulfures
massifs et les sulfures disséminés, ce qui suggère
un processus épisodique pour ces minéralisations,
associé probablement à différentes venues
de magma. La pentlandite grossièrement grenue forme
plus de 20 % des sulfures observés. Cependant,
il ne semble pas y avoir de différences de teneurs
en Ni-Cu-EGP entre la minéralisation à sulfures
grossièrement grenus et la minéralisation finement
grenue.
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Les sills ultramafiques à mafiques sont intercalés,
par endroits, entre des niveaux de métasédiments.
Il n’est donc pas rare de trouver une section de forage
avec plusieurs niveaux de sulfures massifs. La poursuite d’un
forage en profondeur peut souvent dépendre de la présence
de stockwork de sulfures dans ces métasédiments
(T. Keast, communication personnelle).
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Contrairement au « trend »
nord, les teneurs en nickel du « trend »
sud dépassent rarement 3 % Ni, alors que le
cuivre se maintient souvent au-dessus de 4 % sur 6 m par endroits,
y compris des intervalles de 8 % sur 0,5 m. En termes
d’analyse par échantillon individuel, les rapports
Ni/Cu sont constants et tournent autour de 1. De même,
les rapports Pd/Pt relativement constants, autour de 4,
dans les minéralisations massives ou disséminées
passent abruptement de 15 à 20 dans les
niveaux plus riches en Cu et en Pd. On observe également
une corrélation positive entre le Cu et le Pd. |
Les valeurs les plus élevées en Pd
(> 10 g/t) sont généralement associées
à une minéralisation riche en Cu. La présence
de la chalcopyrite massive sous forme de veines ou de minces niveaux
centimétriques suggère qu’il s’agit des
remobilisations hydrothermales du Cu et du Pd à partir des
minéralisations primaires magmatiques.
Ainsi, certains gîtes de sulfures magmatiques
du « trend » sud, à faible
teneur en nickel, pourraient devenir viables économiquement,
grâce à leurs teneurs élevées en Pt et
en Pd. Des analyses systématiques de ces deux éléments
sont donc fortement suggérées pour le « trend »
sud, même sur des sections où les teneurs en nickel
sont très faibles.

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