À surveiller
Prospectors and Developers Association
of Canada
(PDAC Convention 2007)
Du 4 au 7 mars 2007 >>

Distribution des minéralisations Ni-Cu-EGP
dans la Ceinture de Cape Smith
(Orogène d'Ungava) : pistes d'exploration

Daniel Bandyayera et Abdelali Moukhsil
Direction de Géologie Québec

La Ceinture de Cape Smith renferme un potentiel minéral unique. Cette région du Nord-du-Québec fait actuellement l’objet d’activités d’exploration accrues. Les plus récents résultats obtenus par les compagnies d’exploration en confirment l’excellent potentiel pour la découverte de nouveaux indices de Ni-Cu-EGP. Jusqu’à maintenant, l’exploration s’est concentrée davantage dans le sud de la ceinture. D’autres secteurs de la partie nord méritent toutefois d’être explorés. Dans cette optique, le Ministère a récemment défini des tendances de distribution géologiques (trends) particulières pour chacune des parties de la Ceinture de Cape Smith (Bande de Raglan).

La distribution des minéralisations Ni-Cu-EGP de la Bande de Raglan montre deux « trends » distincts : le « trend » nord et le « trend » sud. Le « trend » nord est nettement plus riche en nickel que le « trend » sud, qui pour sa part se distingue par ses teneurs élevées en platine et en palladium. Les deux « trends » se distinguent également sur le plan des rapports Ni/Cu. Alors que ce rapport est de 1 pour le « trend » sud, il varie de 2 à 54 dans le « trend » nord.

Il est possible d’envisager que les minéralisations des deux « trends » ne soient pas reliés génétiquement par le même système de dykes nourriciers. Les magmas associés aux minéralisations du « trend » nord sont plus primitifs que ceux rattachés aux minéralisations du « trend » sud.

Le « trend » nord est formé par les indices Ni-Cu-EGP de l’horizon Raglan situés à l’interface entre les groupes de Povugnituk et de Chukotat. Il englobe un chapelet de 19 lentilles de sulfures massifs dont les plus importants sont les dépôts Katinniq, Donaldson et Lac Cross. Ces dépôts sont observés à la base des unités de laves komatiitiques, ou associés à des cumulats ou à des sills ultramafiques qui recoupent le Groupe de Chukotat. Les teneurs en nickel sont généralement élevées.

Elles atteignent par endroits 8 % sur une dizaine de mètres d’épaisseur. Les teneurs en cuivre sont par contre très faibles. Elles s’élèvent rarement à 1 %. Quelques échantillons des sulfures massifs ou disséminés montrent des moyennes de 3 g/t Pd et 1,3 g/t Pt. Selon la classification des gîtes de sulfures magmatiques, le « trend » nord correspond au type de gîtes de sulfures magmatiques à Ni-Cu dominants.

Le « trend » sud est associé essentiellement à des filons couches différenciés de péridotite-pyroxénite-gabbro et occasionnellement à des dykes nourriciers relativement zonés de composition péridotitique ou gabbroïque. Il englobe plusieurs indices minéralisés dont les plus importants sont Mesamax, Expo-Ungava, TK et Méquillon. La minéralisation est essentiellement formée de sulfures disséminés et semi-massifs, et occasionnellement de sulfures massifs, localisés à la base des intrusions.



On observe par endroits une alternance entre les sulfures massifs et les sulfures disséminés, ce qui suggère un processus épisodique pour ces minéralisations, associé probablement à différentes venues de magma. La pentlandite grossièrement grenue forme plus de 20 % des sulfures observés. Cependant, il ne semble pas y avoir de différences de teneurs en Ni-Cu-EGP entre la minéralisation à sulfures grossièrement grenus et la minéralisation finement grenue.



Les sills ultramafiques à mafiques sont intercalés, par endroits, entre des niveaux de métasédiments. Il n’est donc pas rare de trouver une section de forage avec plusieurs niveaux de sulfures massifs. La poursuite d’un forage en profondeur peut souvent dépendre de la présence de stockwork de sulfures dans ces métasédiments (T. Keast, communication personnelle).



Contrairement au « trend » nord, les teneurs en nickel du « trend » sud dépassent rarement 3 % Ni, alors que le cuivre se maintient souvent au-dessus de 4 % sur 6 m par endroits, y compris des intervalles de 8 % sur 0,5 m. En termes d’analyse par échantillon individuel, les rapports Ni/Cu sont constants et tournent autour de 1. De même, les rapports Pd/Pt relativement constants, autour de 4, dans les minéralisations massives ou disséminées passent abruptement de 15 à 20 dans les niveaux plus riches en Cu et en Pd. On observe également une corrélation positive entre le Cu et le Pd.

Les valeurs les plus élevées en Pd (> 10 g/t) sont généralement associées à une minéralisation riche en Cu. La présence de la chalcopyrite massive sous forme de veines ou de minces niveaux centimétriques suggère qu’il s’agit des remobilisations hydrothermales du Cu et du Pd à partir des minéralisations primaires magmatiques.

Ainsi, certains gîtes de sulfures magmatiques du « trend » sud, à faible teneur en nickel, pourraient devenir viables économiquement, grâce à leurs teneurs élevées en Pt et en Pd. Des analyses systématiques de ces deux éléments sont donc fortement suggérées pour le « trend » sud, même sur des sections où les teneurs en nickel sont très faibles.

Haut de la page