Le point sur le Plan cuivre
Robert Marquis, directeur
Bureau de l'exploration géologique du Québec
Direction générale de Géologie Québec
Le Québec a vu, au cours des dernières années, plusieurs producteurs de cuivre cesser leurs activités en raison de l’épuisement de leurs réserves minières. Cette diminution de la production locale de cuivre a eu un impact majeur sur l’alimentation en concentré à la fonderie Horne de Rouyn-Noranda. Actuellement, l’importante consommation mondiale de cuivre permet d’assurer le maintien des activités de la fonderie Horne. Toutefois, son développement à moyen et à long terme nécessite un approvisionnement local.
Le Plan cuivre : son élaboration
L’élaboration d’un plan cuivre a été proposée initialement, en octobre 2003, par un groupe de travail sur la relance et l’efficacité accrue de l’exploration minière au Québec. Cette idée a été reprise en juin 2004 par la Coalition Noranda qui a alors prôné la formation d’un comité regroupant les principaux intervenants de l’industrie minière et du développement économique régional afin de dresser l’état de la situation, de préciser les enjeux et d’élaborer des recommandations pour favoriser la découverte de nouveaux gisements de cuivre.
Un groupe d’experts provenant des gouvernements du Québec et de l’Ontario, du gouvernement fédéral, de plusieurs compagnies privées, d’universités québécoises et ontariennes et de centres de recherche spécialisés s’est également réuni en atelier à Rouyn-Noranda en mars 2005. Ces experts de l’industrie du cuivre ont recommandé la réalisation de nouveaux travaux géoscientifiques dans des secteurs spécifiques de la ceinture de roches vertes de l’Abitibi dont le potentiel pour la découverte de gisements de cuivre est encore considérable.
Raviver les activités d’exploration pour le cuivre
Même s’il existe une couverture géologique relativement complète de ce territoire, beaucoup de travaux devront être effectués rapidement pour raviver l’exploration pour le cuivre. Il s’agit plus spécifiquement de levés géophysiques et géologiques, ainsi que de levés géochimiques des dépôts meubles et de diverses cartes thématiques. Ces travaux multidisciplinaires nécessiteront la mise en réseau des ressources humaines du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, de la Commission géologique de l’Ontario et de la Commission géologique du Canada en association avec les universités, divers centres de recherche et plusieurs compagnies d’exploration minière.
Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune entend agir en leader pour favoriser la découverte et la mise en production de nouveaux gisements, en adoptant cette nouvelle approche de partenariat qui nécessitera un effort de concertation sans précédent. Cette stratégie favorisera sans aucun doute la découverte de nouveaux gisements de cuivre et assurera le développement à moyen et long terme de cette industrie.
Les secteurs d’intérêt
Au cours des années, le Ministère a investi considérablement dans des travaux d’acquisition de connaissances géoscientifiques. Les levés géologiques, géophysiques et géochimiques ont été effectués sur l’ensemble du territoire québécois avec une couverture plus ou moins détaillée selon les secteurs d’intérêt.
Dans le cadre du Plan cuivre, l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec sont les deux régions administratives ciblées pour la majorité des travaux. Entre 2006 et 2009, les efforts seront concentrés dans les secteurs géologiques suivants :
- le secteur entre Lebel-sur-Quévillon et Normétal;
- le secteur de Rouyn-Noranda;
- le secteur de Chibougamau;
- la Baie-James au nord de la rivière Eastmain.
Les travaux à réaliser
L’approche préconisée variera selon le degré de connaissances géoscientifiques dans chacun des secteurs indiqués. Les travaux à réaliser sont de trois ordres :
- acquisition de données géophysiques aéroportées et au sol;
- acquisition de données géochimiques pour les roches et pour les dépôts meubles;
- nouvelles cartographies géologiques et mise à jour des cartes existantes;
- acquisition de données géoscientifiques spécifiques (études thématiques).
Pallier la baisse de la production de cuivre au Québec
En conclusion, même si les conditions actuelles du marché sont favorables au maintien des activités minières liées à la production cuprifère, la démarche menant au Plan cuivre a permis de bien cerner la problématique et de dégager les avenues à suivre afin de pallier la baisse de production de cuivre au Québec. Les mesures déterminées et mises en œuvre par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune sont essentielles pour stimuler les travaux d’exploration pour ce métal, accroître le nombre de sociétés d’exploration pour le cuivre, hausser les dépenses d’exploration et générer de nouvelles cibles d’exploration.
Le meilleur potentiel de découvertes à court terme se trouve encore près des sites miniers connus où le contexte géologique est favorable et où des infrastructures routières et minières sont présentes. Dans ces territoires, l’exploration doit toutefois cibler une plus grande profondeur.
Pour réaliser rapidement les travaux nécessaires, une entente de partenariat sera conclue prochainement avec nos collègues de l’Ontario et du gouvernement fédéral, et les travaux seront réalisés avec l’appui de l’industrie.

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