Les travaux d’exploration de l’uranium en cours sur la Côte-Nord, notamment dans la région de Sept-Îles, soulèvent maintes interrogations dans la population. Voici les principales questions qui nous ont été adressées au cours des derniers mois.
Qu’est-ce que l’uranium? >>
Quels en sont les usages possibles? >>
Quelle est la teneur (concentration) de l’uranium que l’on trouve sur la Côte-Nord? >>
Comment se fait l’exploration de l’uranium? >>
Qu’en est-il des émanations de gaz radon lors des travaux d’exploration de l’uranium? >>
Lors des travaux d’exploration de l’uranium dans la région de la Côte-Nord, les sources d’eau environnantes peuvent-elles être affectées? >>
Lorsqu’il y a exploration de l’uranium, quels sont les risques pour la santé de la population? >>
Quelles sont les exigences relatives à l’exploration de l’uranium? >>
Est-ce vrai que les travailleurs du secteur du lac Kachiwiss (au nord de Sept-Îles) portent des scaphandres ou des habits spéciaux pour se protéger? >>

Qu’est-ce que l’uranium?
I l s’agit d’un des éléments les plus abondants dans la nature. L’uranium n’est pas en soi très radioactif. C’est un élément métallique très dense, plus communément répandu que les métaux précieux tels que l’or ou l’argent.
Quels en sont les usages possibles?
L’uranium est surtout utilisé comme source d’énergie pour produire de l’électricité. Mais il est aussi utilisé :
- dans les détecteurs de fumée;
- comme source de combustible dans les sous-marins et les bateaux;
- pour produire des isotopes radioactifs servant en médecine nucléaire, principalement en radiothérapie;
- pour contrôler les bactéries dans la préservation d’aliments.
Quelle est la teneur (concentration) de l’uranium que l’on trouve sur la Côte-Nord?
La teneur en uranium que l’on trouve dans les dépôts de la Côte-Nord est très faible. Actuellement, au Canada, aucune mine n’est exploitée en présence d’une si faible teneur en uranium. La plupart des mines d’uranium exploitées en ce moment dans le monde ont une teneur supérieure à 0,1 % d’uranium, soit près de dix fois celle qu’on observe sur la Côte-Nord.
Au ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), le seuil inférieur pour un indice d’uranium est de 425 ppm U, soit 500 ppm ou 0,05 % U3O8 (uranium sous forme d’oxyde). Sur la Côte-Nord, le principal dépôt faisant la manchette est celui du lac Kachiwiss, détenu par Terra Ventures. Ce dépôt contient des ressources historiques (non conformes à la norme 43-101) de 18,3 Mt à 0,015 % U3O8 (3,3 kt U3O8). Un gîte détenu par Uracan dans le secteur de Baie-Johan-Beetz, Double S, renferme des ressources historiques de 74 Mt à 0,012 % U3O8 (8,9 kt U3O8) . Il s’agit dans les deux cas de concentrations très faibles en uranium.
En comparaison, le dépôt de Cigar Lake situé en Saskatchewan, un projet de mine souterraine en développement, renferme des réserves totales de 497 kt à une teneur de 20,67 % U3O8 (102,7 kt U3O8). Aussi, le développement du dépôt à ciel ouvert de Midwest, qui contient 345,5 kt à 5,47 % U3O8 (18,9 kt U3O8), a été retardé à cause de la baisse du prix de l’uranium et de la hausse des coûts de mise en production. Au Nunavik, le gîte de Kiggavik contient des ressources de 27,9 Mt à 0,24 % U3O8 (67 kt U3O8), une teneur nettement plus faible que les gisements de la Saskatchewan, mais 20 fois plus élevée que celle du projet du lac Kachiwiss.
La Saskatchewan, le plus grand producteur d’uranium à l’échelle de la planète, fournit 30 % de la production mondiale d’uranium. Le plus grand gisement, McArthur, renferme des réserves prouvées de 531,5 kt à 17,49 % U3O8 (93 kt U3O8) et des réserves probables de 280,6 kt à 26,33 % U3O8 (73,9 kt U3O8).
Comment se fait l’exploration de l’uranium?
Les premières étapes de l’exploration de l’uranium se font à l’aide d’instruments géophysiques, d’analyses géochimiques de roches et de sédiments de fonds de lacs et de ruisseaux ainsi que de forages. Les levés géophysiques ne mobilisent pas la roche ou le sol; par conséquent, leur impact sur l’environnement et la santé est nul en ce qui a trait à la radioactivité. En considérant les teneurs observées sur la Côte-Nord (< 0,02 % U3O8) et les volumes de roches mobilisées lors de travaux de géochimie ou de forage, les effets de l’exploration minérale sur la santé et l’environnement sont minimes. Lorsque ces travaux ne se déroulent pas directement sur un lac ou une rivière, ils ont très peu d’impact sur l’environnement, sinon aucun. Il n’y a donc aucune précaution spéciale à prendre pour les travailleurs réalisant les travaux au lac Kachiwiss.
Pour le transport des carottes de forage, il existe un règlement sur le transport des matières radioactives rédigé par l’Agence internationale de l’énergie atomique. Les carottes doivent être emballées pour le transport selon des normes strictes.
Dans le cas de travaux d’exploration avancés nécessitant le creusage de tranchées, des excavations ou du décapage, on doit obtenir un certificat d’autorisation, et les rejets générés doivent satisfaire aux exigences du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) et de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).
Qu’en est-il des émanations de gaz radon lors des travaux d’exploration de l’uranium?
Les travaux de forage en cours, avec les volumes de roches manipulées, n’augmentent pas le niveau de radon de façon mesurable dans l’environnement. Celui-ci s’échappe déjà de façon naturelle par des fractures et autres éléments poreux du sol et se dilue rapidement dans l’air extérieur. Le radon peut toutefois s’infiltrer et rester piégé dans un milieu confiné et mal ventilé, mais cela n’est pas susceptible de se produire lors d’une exploration minière. Dans les milieux habités où le sol rocheux contient davantage d’uranium, comme certains granites riches en éléments radioactifs, le gaz radon, en étant plus dense que l’air, peut s’accumuler dans les pièces les plus basses et les moins ventilées des bâtiments ou des maisons. Dans ce cas, il peut atteindre des concentrations qui dépassent celles indiquées dans la ligne directrice de Santé Canada qui sont de 200 becquerels par mètre cube d’air (Bq/m3). Il s’agit d’un phénomène indépendant de l’exploration minière.
Afin d’informer la population sur cette question, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a amorcé l’élaboration d’une stratégie québécoise de protection de la santé publique contre le radon avec la collaboration de divers ministères et organismes.
De plus, Santé Canada fournit de l’information concernant le radon, ses risques sur la santé et les ressources disponibles pour contrôler le niveau de radon dans les habitations.
Lors des travaux d’exploration de l’uranium dans la région de la Côte-Nord, les sources d’eau environnantes peuvent-elles être affectées?
La plupart des forages effectués traversent la nappe phréatique. Toutefois, à notre connaissance, il n’y a pas actuellement de forages sur les lacs ou les rivières. Mentionnons que les secteurs de la Côte-Nord où se concentre l’exploration de l’uranium contiennent déjà une certaine quantité de contaminants dans l’environnement et dans l’eau, qui proviennent notamment de millions d’années d’érosion de roches contenant de l’uranium. Le volume de matériel mobilisé lors de travaux d’exploration est insuffisant pour augmenter de façon significative ce taux de contamination naturelle. Selon les normes établies en Saskatchewan, le plus gros producteur d’uranium au monde, les teneurs observées au lac Kachiwiss sont faibles (< 0,05 % U3O8) et les trous de forage ne nécessitent pas de mesures particulières. Lorsque les teneurs sont supérieures à 1 % U3O8, le gouvernement de la Saskatchewan demande aux compagnies minières de colmater les trous avec du ciment.
Pour en savoir plus à ce sujet, il faut communiquer avec le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), qui détient l’expertise en matière d’écoulement des eaux.
Lorsqu’il y a exploration de l’uranium, quels sont les risques pour la santé de la population?
L’exploration de l’uranium ne représente aucun risque pour la santé de la population, comme l’a récemment mentionné l'Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord. Les méthodes d’exploration de l’uranium ne modifient pas de façon significative le milieu naturel. Il n’y a donc pratiquement aucun risque de provoquer une augmentation de l’exposition naturelle de la population à des substances radioactives du seul fait de l’exploration minière.
- Avis de santé publique - Projet d'exploration et d'exploitation d'uranium à Sept-Îles (Format PDF, 399 Ko)
Quelles sont les exigences relatives à l’exploration de l’uranium?
Les travaux de base en exploration de l’uranium ne requièrent pas au préalable de certificat d’autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) à moins qu’il ne s’agisse de travaux effectués dans une bande riveraine ou dans un cours d’eau, puisque dans les autres situations les impacts sur l’environnement sont généralement mineurs, pour l’uranium comme pour tous les métaux par ailleurs. Dans le cas de certains travaux d’exploration avancés nécessitant le creusage de tranchées, des excavations ou du décapage, le certificat d’autorisation est nécessaire, et les rejets générés doivent satisfaire aux exigences de la Directive 019 sur l’industrie minière du MDDEP et à celles de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).
Si un promoteur désire aller de l’avant pour exploiter un gisement d’uranium, son projet devra faire l’objet d’une analyse rigoureuse à l’intérieur du processus légal d’études d’impacts sur l’environnement prévu dans la réglementation du MDDEP. La Direction de santé publique de la région touchée sera alors sollicitée afin de produire un avis d’acceptabilité du projet au regard de la santé de la population. L’ouverture d’une mine d’uranium doit également être soumise à une évaluation rigoureuse menée par la CCSN, qui exercera sa vigilance habituelle sur le plan de la santé publique.
Dans le cas où des personnes, des groupes ou des municipalités demandent la tenue d’audiences publiques, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs doit mandater le BAPE pour qu’il tienne de telles audiences. Celles-ci comprennent alors :
- la présentation par le promoteur du projet et de ses impacts anticipés;
- une période de questions au promoteur et aux experts sur les impacts du projet;
- le dépôt de mémoires par les citoyens ou les groupes intéressés dans lesquels ceux-ci peuvent exprimer leurs préoccupations;
- le dépôt d’un rapport et des constatations de la commission du BAPE au ministre.
Pour en savoir davantage sur le processus menant à l’autorisation probable d’une mine d’uranium, communiquez avec le Centre d’information du MDDEP.
Pour l’instant, aucun projet de mine n’est prévu dans la région de la Côte-Nord. Les entreprises qui s’intéressent à cette substance n’en sont qu’à l’étape de l’exploration de l’uranium.
Est-ce vrai que les travailleurs du secteur du lac Kachiwiss (au nord de Sept-Îles) portent des scaphandres ou des habits spéciaux pour se protéger?
Selon l’information obtenue auprès de la compagnie Terra Ventures, qui effectue les travaux d’exploration dans ce secteur, les travailleurs ne portent pas de scaphandres, mais des habits de pluie lorsque le climat le nécessite. Les concentrations en U3O8 observées (< 0,02 % U3O8) sont trop faibles pour représenter un danger. Il faut des concentrations de l’ordre de 1 % U3O8 pour que les travaux de forage nécessitent des précautions particulières pour la santé des travailleurs. Ce n’est pas le cas dans la région de la Côte-Nord. 
Voir également
L'exploration au Québec - une mise à jour >>

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