|
3.2.3 |
Cas d'érosion associés au réseau routier forestier |
|
| 
  |
L’érosion du réseau routier est reconnue comme la principale cause de perturbation du milieu aquatique dans les forêts aménagées. Les sédiments entraînés dans le réseau hydrographique peuvent affecter la diversité et l’abondance des espèces aquatiques. Les particules fines présentes dans l'eau risquent, entre autres, de colmater les frayères des poissons et nuire à leur reproduction. Elles peuvent aussi nuire aux communautés benthiques dont se nourrissent les poissons juvéniles. Par ailleurs, un autre effet de l'érosion du réseau routier et de la détérioration accélérée de la surface de roulement qui s'ensuit est la diminution de l’accessibilité au territoire.
Pour connaître l’importance des cas d'érosion associés au réseau routier situé en forêt publique, le MRNF a mis au point un indicateur qui permet de déterminer le nombre moyen de cas d’érosion observés par kilomètre de chemin ou par pont ou ponceau du réseau routier. Les résultats de l’indicateur sont présentés par période de deux ans.
Le portrait à l'échelle du Québec comprend deux périodes d’évaluation qui couvrent les années 2002 à 2005. À chacune de ces périodes correspond une carte illustrant le niveau d’érosion du réseau routier au Québec. Les données de la troisième période (2006 et 2007) ne figurent pas dans ce portrait, pour le moment, parce que l'évaluation n’a pas été complétée dans l’ensemble des régions.
Pour plus de renseignements sur l’origine des données, ainsi que sur la méthode d’évaluation des cas d’érosion associés au réseau routier, consultez les précisions méthodologiques.
Principaux constats
La période 1 regroupe les années de récolte 2002 et 2003; la période 2 regroupe les années 2004 et 2005. Les cas d’érosion du réseau routier forestier ont été évalués dans toutes les régions du Québec, sauf en Abitibi-Témiscamingue pour la période 1.
- De 2002 à 2006, l’évaluation des cas d’érosion a touché plus de 11 000 kilomètres de chemin et plus de 6 000 ponts et ponceaux.
- Les résultats des périodes 1 et 2 indiquent une diminution de l’érosion du réseau routier avec des moyennes respectives de 0,29 et 0,22 cas d’érosion par kilomètre de chemin et de 0,51 et 0,39 cas d’érosion par pont ou ponceau présent sur le réseau routier.
Analyse
Malgré une amélioration de la situation observée à la période 2, l‘érosion du réseau routier en forêt publique demeure préoccupante. Le Ministère doit donc continuer de sensibiliser les industriels forestiers à la problématique de l’érosion du réseau routier qui cause des apports de sédiments dans le milieu aquatique et entraîne la dégradation de cet habitat. Il doit également les inciter à appliquer des pratiques adéquates de planification, de construction et d’entretien de la voirie forestière conformément au Règlement sur les normes d’intervention dans les forêts du domaine de l’État (RNI), de manière à atteindre l’objectif de protection et de mise en valeur des ressources du milieu forestier (OPMV) qui traite de la préservation de l’habitat aquatique en évitant tout apport de sédiments.
Les résultats de l’évaluation des cas d’érosion associés au réseau routier peuvent également être analysés de façon plus détaillée en fonction du type d’érosion, de la cause et de l’origine des cas observés et de la saison de construction des chemins au cours de laquelle sont survenus les cas d’érosion.
Actions réalisées pour éliminer les cas d'érosion du réseau routier forestier
- Mise en place de dispositions dans le cadre du RNI.
- Mise en place de dispositions légales et contractuelles dans le cadre de l’OPMV évitant l’apport de sédiments engendrés par le réseau routier. Ces dispositions obligent les bénéficiaires de contrat et de convention d'aménagement forestier à intégrer des mesures de contrôle de l’érosion du réseau routier, des parterres de coupe et des cours d’eau dans les plans généraux d'aménagement forestier (PGAF) de 2008-2013, ainsi qu’à corriger tout cas d’érosion relevé par le Ministère lors de ses suivis.
- Élaboration de lignes directrices à l’intention des bénéficiaires de contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) pour la préparation des plans de mesures de contrôle de l’érosion du réseau routier à intégrer aux PGAF.
- Production d’un guide de saines pratiques de planification, de construction et d’entretien de la voirie forestière.
- Mise au point d’une méthode d’évaluation des cas d’érosion du réseau routier dans les forêts aménagées du Québec.
- Mise en place d’un plan ministériel de contrôle et de suivi régional (PCR) de la mise en œuvre et de l’atteinte, par les bénéficiaires de CAAF, de l’OPMV sur la protection de l’habitat aquatique en évitant l’apport de sédiments. Ce plan permet, entre autres, d’intensifier le suivi annuel des bénéficiaires moins performants, d’exiger des mesures correctives et de suspendre les opérations d’aménagement forestier.
- Mise en place d’un cadre ministériel de gestion de la performance (CGP) qui assure aux gestionnaires régionaux du MRNF l’appui des autorités ministérielles pour l’application du plan ministériel de contrôle et de suivi régional.
- Utilisation d'un indicateur de la performance forestière et environnementale quinquennale des bénéficiaires de CAAF basé sur l'atteinte des cibles fixées par le Ministère. Les résultats de cet indicateur servent à la révision des attributions des volumes de bois qui se fait au moment de la prolongation des contrats d'aménagement.
Cible
Pour atteindre l'OPMV sur la protection de l'habitat aquatique, le MRNF a établi qu'aucun cas d'érosion associé au réseau routier utilisé pour la récolte ne doit être à l'origine d'un apport de sédiments dans le réseau hydrographique ou d'une restriction de l'accessibilité au territoire. L'érosion du réseau routier doit se limiter à des cas exceptionnels résultant de phénomènes météorologiques ou naturels qui échappent au contrôle des aménagistes forestiers.
|