À qui appartiennent les ressources







 
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À qui appartiennent les ressources?


Savoir que les ressources minérales existent sous nos pieds est une chose. Pouvoir les extraire en est une autre.

Il faut préciser que l’État québécois est le seul gestionnaire du sous-sol et des ressources minérales qu’il recèle. Cela s’explique tout d’abord par le fait que le domaine public occupe les neuf dixièmes du territoire du Québec, mais aussi parce que, sauf exceptions, les lois ne reconnaissent des droits de propriété privée que pour la surface; le sous-sol est une propriété publique. Les ressources minérales sont ainsi, au départ, des ressources collectives. L’accès est ouvert à tous, sans égard à la condition ou aux moyens dont chacun dispose. Toutefois, le libre accès ne veut pas dire non plus l’anarchie. Il y a des règles à respecter et des compensations à verser à la collectivité.

Cela ne veut pas dire non plus qu’on peut faire de l’exploration à la grandeur du territoire. De fait, certaines zones ont été soustraites à l’exploitation minière et, donc, à l’exploration. Il s’agit essentiellement de certains territoires reconnus comme réserves écologiques, comme parcs ou comme sanctuaires. D’autres territoires sont ouverts à l’exploration, mais à certaines conditions et après autorisation du gouvernement.

Tout ce qui concerne les ressources minérales relève du ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs (MRN). Le Ministère joue plusieurs rôles. Un des plus importants consiste à faire l’inventaire des ressources minérales du Québec. Des équipes de géologues, de cartographes et d’informaticiens acquièrent et compilent continuellement des données sur la localisation des roches et des minéraux. Cette connaissance du territoire est nécessaire pour les activités de prospection.

Dans l’esprit du principe de libre accès aux ressources minérales, qu’on retrouve inscrit dans nos lois dès 1880, le Ministère attribue des droits miniers. C’est en vertu de ce principe que le Ministère accorde au premier demandeur un droit exclusif de recherche qui se transformera normalement, en cas de découverte, en un droit exclusif d’exploitation d’un territoire délimité.

On acquiert un territoire d’exploration en le désignant sur carte. De cette façon, le demandeur obtient ce que nous appelons un « claim ». Ce claim accorde en exclusivité à son titulaire le droit d’explorer le territoire désigné et d’y rechercher les minéraux qui l’intéressent. Le titulaire d’un claim a l’assurance de conserver ses droits s’il respecte les obligations liées à ce titre. Et, s’il effectue une découverte, il verra son droit de recherche se transformer en droit exclusif d’extraire officialisé par un bail minier.

Cette pratique vise à donner à celui qui investit en prospection et en exploration l’assurance qu’il pourra, s’il trouve quelque chose, en faire l’exploitation. L’exploration exige beaucoup d’argent. Il apparaît normal d’accorder aux détenteurs des titres la possibilité de rentabiliser leurs investissements en leur donnant la priorité d’exploitation.

Hier encore, le prospecteur minier devait marquer le territoire de plaques de claim pour acquérir un titre d'exploration. Depuis, cette pratique traditionnelle a été remplacée par un système de désignation sur carte accessible dans Internet.

En imposant des obligations aux détenteurs de titres miniers, le système protège ainsi les intérêts de la collectivité qui est, en définitive, le réel propriétaire des ressources minérales. Ainsi, le titulaire d’un droit d’exploration, sous peine de perdre son droit exclusif, doit effectuer un minimum de travaux géologiques et mettre ces résultats à la disposition du public. On s’assure ainsi qu’un titre d’exploration ne demeurera pas inactif et qu’il n’y aura pas d’accaparement abusif du territoire. Quand on détient le droit d’explorer, on explore, sinon on laisse la place à d’autres qui le feront.

Par ailleurs, tout détenteur de droits d’exploitation doit verser à l’État des redevances en guise de compensation pour l’appropriation d’une partie des ressources minérales appartenant à tous.

Le Ministère participe également à la création de nouveaux moyens pour mieux connaître et exploiter la croûte terrestre. Par l’entremise du Consortium de recherche minérale (COREM), il collabore activement avec l’industrie dans la recherche et l’expérimentation de nouveaux procédés pour traiter plus efficacement les substances minérales.

Enfin, le Ministère élabore les lois qui régissent les conditions d’exploration et d’exploitation minières. Ces lois, ainsi que celles des autres ministères concernés, spécifient ce qui doit être fait pour protéger l’environnement et assurer la sécurité des travailleurs et de la population. Les effluents situés à proximité d’une mine sont régulièrement analysés pour s’assurer du respect des normes environnementales.


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