| Chercher des
minéraux dans le sous-sol, c’est comme chercher une
aiguille dans une botte de foin. Les minéraux utiles
sont non seulement dispersés dans la croûte terrestre,
mais ils sont aussi mélangés à d’autres
minéraux de moindre valeur. Le plus souvent, les substances
minérales recherchées se trouvent disséminées
sous forme de lentilles ou encore le long de filons ou de veines
recouverts de centaines de mètres de roche. Il faut donc
les trouver et réussir à les extraire.
Pour les trouver, il faut d’abord savoir qu’il existe
des régions géologiques spécifiques délimitées
de façon bien précise. Chaque région géologique
contient des espèces minérales particulières.
Les limites d’une ville ou les frontières d’un
pays sont le plus souvent artificielles et elles peuvent être
modifiées par les humains. Par contre, les frontières
des régions géologiques sont permanentes. Elles ont
été définies au cours de l’histoire géologique.
Le Québec comprend ainsi trois grandes régions géologiques
dont les frontières n’ont à peu près
pas changé depuis des centaines de millions d’années.
Il s’agit des basses-terres du Saint-Laurent, des Appalaches
et du Bouclier canadien. Ces frontières naturelles débordent
en fait les frontières du Québec.
Les roches des basses-terres du Saint-Laurent
s’étendent de Hull jusqu’à la région
de Charlevoix ; elles occupent aussi l’île d’Anticosti
et se retrouvent en grands lambeaux autour du lac Saint-Jean et
dans l’extrémité sud de la Baie James. Sur la
rive sud, elles se limitent à la Montérégie
et à une portion de l’Estrie. Elles sont constituées
de roches sédimentaires, c’est-à-dire des roches
qui se sont formées il y a très longtemps sous la
mer ou à proximité d’une mer. C’est pourquoi,
comme elles n’ont pas été plissées, elles
constituent des formations rocheuses presque horizontales.
Les Appalaches constituent les restes d’une chaîne de
montagnes anciennes, qui s’étend de la Gaspésie
à l’Estrie et se prolonge aussi aux États-Unis
jusque dans l’État d’Alabama. Comme pour les
basses-terres du Saint-Laurent, les roches des Appalaches ont d’abord
été formées au fond d’un océan.
Les roches des Appalaches ont été formées à
plusieurs époques et ont été plissées
et déformées à plusieurs reprises selon le
cas. Il n’est pas rare d’apercevoir des roches sédimentaires
disposées presque à la verticale. Elles ont subi un
métamorphisme relativement modeste. Ainsi, du calcaire a
été transformé en marbre et des roches argileuses
en ardoise.
Au nord des Appalaches et des basses-terres du
Saint-Laurent, se trouve le Bouclier canadien. Il s’est
formé au Précambrien, l’ère la plus longue
et la plus ancienne des temps géologiques. Il est composé
de blocs très vieux (le plus ancien date de 2,7 milliards
d’années, le plus récent de plus d’un
milliard d’années) et désormais très
stables de l’écorce terrestre. La majeure partie des
roches qui les composent sont métamorphisées et formées
principalement de roches ignées, mais aussi de roches sédimentaires
et volcaniques. Telles que nous les observons, toutes ces roches
illustrent l’évolution de la croûte terrestre
au cours des âges à la manière d’un film
passé en accéléré. Elles nous permettent
d’avoir une idée de la nature et de la structure de
l’écorce continentale jusqu’à des profondeurs
qui atteindraient 30 kilomètres.
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